Archives par étiquette : Nanterre-Amandiers/CDN

Les Petites Filles modernes (titre provisoire)

Une création théâtrale de Joël Pommerat et la Compagnie Louis Brouillard – au Théâtre Nanterre-Amandiers/Centre dramatique national, dans le cadre du Festival d’Automne.

© Agathe Pommerat

C’est une histoire d’adolescence, un conte philosophique et fantastique, métaphysique et poétique, une histoire de vie, la réalité peut-être, le réalisme parfois.

Il était une fois deux jeunes filles adolescentes, la première, Marjorie (Marie Malaquias) en butte à l’autorité tant scolaire que familiale se rebelle, la seconde, Jade (Coraline Kerléo), d’apparence plus tranquille, reçoit de ses parents l’interdiction de la rencontrer. Au début leurs rapports sont rugueux, provocateurs, Marjorie accusant Jade de l’avoir dénoncée, jusqu’à s’approcher l’une de l’autre au point de se jurer que jamais l’une sans l’autre. Elles se voient donc en douce et loin de tout commentaire, faisant leurs expériences et confrontant leur interprétation du monde. Elles ont à affronter des frayeurs, des désirs, des regards, des jugements, des colères, leur image réciproque, leur propre image et présence.

Elles sont des énigmes pour les adultes, leurs parents, professeurs, directeur, mais tracent, leurs routes, leurs attentes et espoirs, leurs rêves, quitte à défier tout rationalisme et cohérence, entières et sans hésitation. Elles plongent dans le risque et le défi d’elles-mêmes et des autres, dans la construction de leur amitié, de leurs amours peut-être.

© Agathe Pommerat

Le spectacle semble s’inscrire dans le prolongement de Contes et légendes, conçu et mis en scène par Joël Pommerat (cf. Ubiquité-Cultures du 27 janvier 2020), qui évoquait les archétypes du masculin féminin, le trouble et les inquiétudes d’adolescents, la colère et la peur. C’est avec singularité que l’auteur et metteur en scène a traversé d’autres contes comme Le Petit Chaperon rouge, Pinocchio et Cendrillon. Le récit l’intéresse il l’a aussi montré dans Marius, d’après Pagnol, présenté en septembre dernier au Théâtre du Rond-Point (cf. Ubiquité-Cultures du 28 septembre 2025) qui, d’une toute autre veine, parle des utopies, de la vie, de l’absence, de la mort et du temps.

Sur le plateau, deux temps se télescopent, celui du réel où l’on est dans la chambre de Jade, avec son lit et ses peluches et où Marjorie vient en cachette et dans la transgression, et celui d’une construction mentale et d’une déconnection du présent, sous forme d’une autre parabole, nous projetant dans le surnaturel, celle de la jeune fille à la voix de Jade, enfermée dans une boîte qui ressemble à une tour et cherchant son amoureux, lui-même désemparé (Éric Feldman), récit dans lequel s’enchâsse un autre conte, l’amoureux désemparé étant devenu ce vieil homme satyre, fantasmé et redouté par les deux jeunes filles. Le travail sur le son est remarquablement fait, des voix les environnent (création sonore Philippe Perrin, Antoine Bourgain).

© Agathe Pommerat

La gestion de l’espace et du temps via une scénographie ouverte et des projections vidéo qui font tanguer les lignes est d’une grande beauté plastique (scénographie et lumière Eric Soyer, création vidéo Renaud Rubiano). La lumière et sa distorsion, la perspective et le trompe l’œil de la projection, le vide et le déséquilibre, font chavirer la réalité et traduisent le sensible qui ici affronte cette réalité. Celle-ci se traduit entre autres, au-delà de la chambre, par le puits dans lequel Jade va se jeter, pensant allant à la rencontre du chanteur Shawn Mendes, beau gosse dont elles se sont entichées. On la retrouve à l’hôpital, bien cassée, retrouvant Marjorie, en pleine lumière cette fois, avec l’accord de ses parents.

© Agathe Pommerat

Nous sommes loin de la Comtesse de Ségur aux Petites Filles modèles. Dans Les Petites Filles modernes (titre provisoire) de Joël Pommerat, tout est dans ce va et vient entre la réalité et les utopies, et leur traduction sur scène, subtile et imagée, dans les gestes et rites initiatiques entre les deux jeunes filles (sobrement interprétées par Coraline Kerléo et Marie Malaquias). L’atmosphère est magnétique et la vulnérabilité dessinée dans une sorte de féérie fantastique où le geste final de l’étreinte, dans sa lenteur et son épaisseur, celle dont parle Roland Barthes dans l’épaisseur du signe, recouvre une grande force et comme un vertige.

 Brigitte Rémer, le 20 décembre 2025

Avec : Éric Feldman, Coraline Kerléo, Marie Malaquias et les voix de David Charier, Roxane Isnard, Garance Rivoal, Pierre Sorais, Faustine Zanardo scénographie et lumière Eric Soyer – création vidéo Renaud Rubiano – création sonore Philippe Perrin, Antoine Bourgain – collaboration artistique Garance Rivoal – assistanat à la mise en scène David Charier, renfort assistanat à la mise en scène Roxane Isnard – costumes Isabelle Deffin, renfort costumes Jeanne Chestier – perruques Julie Poulain – collaboration à l’écriture Zareen Benarfa, musique originale Antonin Leymarie – participation au travail de recherche, comédien Pierre Sorais – réalisation maquette et accessoires Claire Saint Blancat – construction accessoires Christian Bernou – décor les Ateliers du TNP direction technique Emmanuel Abate – direction technique adjointe Thaïs Morel – régie lumière Gwendal Malard – régie son Philippe Perrin, Antoine Bourgain, régie vidéo Grégoire Chomel – régie plateau Pierre-Yves Leborgne, Jean-Pierre Constanziello, Inès Correia Da Silva Mota – assistanat à la régie plateau Lior Hayoun, Faustine Zenardo – habillage Lise Crétiaux, Manon Denarié.

Du jeudi 18 décembre 2025 au samedi 24 janvier 2026, du lundi au vendredi 19h30, à 18h30 pendant les vacances scolaires, le samedi à 18h30, le dimanche à 15h30 – au Théâtre Nanterre-Amandiers, 7 Avenue Pablo Picasso, à Nanterre – RER A : Nanterre Préfecture, puis 15 mn à pied ou Bus 129, arrêt Joliot-Curie.

© Agathe Pommerat

En tournée : du 11 au 15 février 2026, à L’Azimut, Théâtre de la Piscine, Châtenay-Malabry (92) – les 19 et 20 février, au Théâtre de l’Agora, scène nationale d’Evry et de l’Essonne (91) – les 4 et 5 mars, Espaces Pluriels/scène conventionnée d’intérêt national art et création danse, Pau (64) – les 24 et 25 mars : Maison de la Culture de Bourges, scène nationale (18) ; les 8 et 9 avril : Le Canal, Théâtre du Pays de Redon (35) – du 14 au 18 avril, Comédie de Genève, à Genève (Suisse), en co-accueil avec le Théâtre Am Stram Gram – les 23 et 24 avril, Palais des Beaux-Arts, Charleroi (Belgique) – les 29 et 30 avril, Maison de la Culture d’Amiens, scène nationale (80) – les 5 et 6 mai, Les Salins, scène nationale de Martigues (13) – du 20 au 22 mai, Le Bateau Feu, scène nationale de Dunkerque (59) – du 3 au 18 juin, TNS /Théâtre National de Strasbourg (67).

À propos d’Elly

Adaptation scénique du film À Propos d’Elly, d’Asghar Farhadi – concept Jolente De Keersmaeker, Scarlet Tummers, compagnie Tg STAN, au Théâtre Nanterre-Amandiers / Centre Dramatique National.

© Kurt van der Elst

Scénariste, grand réalisateur et producteur iranien, Asghar Farhadi avait reçu l’Ours d’Argent du meilleur réalisateur, pour son film À Propos d’Elly, en 2009, à Berlin. Deux fois l’Oscar du meilleur film étranger lui a été attribué, pour Une séparation, en 2012 et pour Le Client en 2017.

Lors d’un week-end au bord de la mer Caspienne un groupe d’amis constitué quand ils étaient étudiants se rassemble. Il y a trois couples : Sepideh, l’organisatrice de la rencontre, est avec son mari et sa fille, elle s’est chargée de trouver le lieu où ils passeront ces trois jours et a invité Elly, l’institutrice de sa fille et Ahmad, un ami vivant en Allemagne ; il y a Shohreh, son mari Peyman et leurs deux enfants ; il y a Naazy et son mari Manouchehr ; Le moment s’annonce festif.

© Kurt van der Elst

Première contrariété, le lieu dont ils devaient disposer n’est en fait pas libre, on les dirige vers une autre maison, inoccupée et en mauvais état qu’il faut commencer par dépoussiérer et organiser. Tout le monde s’y colle, compensation la mer reste proche. Sepideh présente à tous Elly, énigmatique et quelque peu effarouchée, et met en valeur Ahmad, cet ami qu’elle aimerait pousser dans les bras d’Elly, le groupe essaie de favoriser leur rapprochement, sans trop de subtilité et les deux ne semblent pas indifférents l’un à l’autre. Les choses s’installent dans la bonne humeur et chacun vaque jusqu’au moment où l’un des enfants manque de se noyer dans cette mer immense. Peu après, on se rend compte qu’Elly manque à l’appel. On la cherche, l’anxiété monte, on se questionne car on la connaît peu, jusqu’au constat final de sa disparition et l’annonce de sa vraisemblable noyade, à sa famille. Elle aurait sauver l’enfant, peu précis sur l’événement.

tg STAN a donc adapté le scénario d’Asghar Farhadi en 2023, pas sûr que ce soit une bonne idée. La troupe flamande vient souvent en France, on lui reconnaît un langage scénique basé sur une certaine loufoquerie. Son iconoclasme ici se retrouve dans le jeu des enfants, interprétés par des adultes et irritant à souhait malgré mouette et cerf-volant, contrepoint caricatural dans la montée dramatique façon polar d’un scénario qui ne prête guère à rire.

© Kurt van der Elst

La première scène apporte son mystère, qu’on ne décode pas au point de départ mais qui prend toute sa valeur dans le déroulé de l’histoire : sous une pluie fine une jeune femme roule, s’enroule sur le sol et s’abandonne (Anna Franziska Jäger), carré de pierres grises, qui pourrait être une plage, ou la mer, ici est la clé du spectacle avec sentiment de solitude, senteur et couleur d’un pays. Une toile peinte à l’arrière-scène confirme la mer et se déroule de temps à autre dans des peintures assez abstraites, une bâche plastique devient la mer, les rotatives activent un grand vent, un univers artisan qu’on apprécie chez tg STAN. Pourtant, l’ensemble s’apparente plutôt à un univers club des cinq avec déjeuner sur plage, partie de volley, devinettes et séance photo. Rien de très consistant et on est loin de tout contexte iranien, rien qui ne se rapporte au pays, même en se forçant un peu dans la lecture et la digression pour évoquer la position de la femme et celle de l’homme ou tout autre sujet moyen-oriental.

© Kurt van der Elst

Étrange démarche des tg STAN qui lancent quelques pistes sans les développer avec un collectif de onze acteurs actrices issus de quatre compagnies différentes et venant de pays comme Iran, Irak, Afghanistan et pays européens. On apprend à la fin du spectacle qu’Elly est fiancée et doit se marier bientôt, obligation, fuite, mensonges ? La question de sa disparition plane, noyade ou suicide ? La suspicion s’installe, les amitiés, la solidarité vacillent. Le spectateur peut spéculer autour du conformisme, de l’amitié et de la famille, le spectacle manque nettement d’une colonne vertébrale. Le projet peut-être est trop ambitieux ou le film impossible à adapter à la scène, puisqu’il repose sur les non-dits et les hors champs, n’a pas de scénario publié et a obligé la compagnie à en demander la transcription à des amis iraniens. D’où peut-être ce côté vague, trop vague et comme vidé de substance.

Brigitte Rémer, le 7 décembre 2025

De et avec : Luca Persan, Kes Bakker, Robby Cleiren, Jolente De Keersmaeker, Lukas De Wolf, Anna Franziska, Jäger Manizja Kouhestani, Armin Mola, Mokhallad Rasem, Scarlet Tummers, Stijn Van Opstal – Décor Joé Agemans et tg STAN – lumière Luc Schaltin – costumes Fauve Ryckebusch – concept musical Frank Vercruyssen – dramaturgie version française Khatoon Faroughi – assistance de traduction Estelle Zhong Mengual.

Du 3 au 20 décembre 2025, du mardi au vendredi à 20h30, les samedis 6,13 et 20 décembre 2025 à 18h, dimanche 14 décembre à 15h – au Théâtre Nanterre-Amandiers / CDN, 7 avenue Pablo Picasso. 92022. Nanterre Cedex – site : nanterre-amandiers.com – tél. : 01 46 14 70 00

Nos âmes se reconnaitront-elles ?

Texte et mise en scène Simon Abkarian, La Compagnie des 5 roues – jeu Marie-Sophie Ferdane, Simon Abkarian – musique et chant Ruşan Filiztek, Eylül Nazlier, au Théâtre Nanterre-Amandiers.

© Antoine Agoudjian

C’est le troisième volet de l’Odyssée en Asie Mineure qu’a écrit et mis en scène Simon Abkarian. Les mythes grecs le taraudent depuis de nombreuses années, a fortiori le mythe d’Hélène et de Ménélas. Il en avait écrit et créé un premier volet, Ménélas Rebétiko Rapsodie en 2012, qu’il a recréé et repris l’automne dernier au Théâtre de l’Épée de bois, en même temps qu’il présentait le second épisode créé en 2023, Hélène après la chute (cf. notre article dans Ubiquité-Cultures du 28 septembre 2024).

Il met en scène aujourd’hui le troisième texte du triptyque, Nos âmes se reconnaitront-elles ? certains récits figuraient déjà dans l’opus précédent, comme la mort de Pâris racontée par Ménélas à la demande d’Hélène, et le récit d’une nuit d’amour particulièrement chaude avec Pâris, racontée par Hélène, une femme libre. Épouse de Ménélas, roi de Sparte, Hélène avait été enlevée par Pâris, le Troyen, guidé par Aphrodite, signant ainsi le déclenchement de la guerre de Troie, qui durera dix ans.

© Antoine Agoudjian

Ici la situation se décale légèrement. Ménélas, qu’interprète Simon Abkarian, invente un subterfuge, se faisant passer pour son serviteur, aveugle, dans le but d’approcher Hélène, interprétée par Marie-Sophie Ferdane. « Je veux la revoir » clame-t-il avec détermination, les yeux bandés. Au centre, un grand podium, le territoire d’Hélène, sorte d’autel sacrificiel que Ménélas contourne d’abord avant de faire chemin arrière, puis de l’approcher. L’atmosphère est au bleu-violet profond avant de pâlir puis de virer au rouge (création lumière Jean Michel Bauer). La musique et le chant ponctuent la représentation, Ruşan Filiztek et Eylül Nazlier, musiciens kurdes situés côté cour, jouent du saz, leurs appels mélodiques sont les voix intérieures des personnages.

« Sors de l’ombre ou va-t’en !» jette Hélène à ce faux-serviteur de Ménélas qui, à la fin, se démasquera, mais qu’elle a peut-être reconnu dans cette joute verbale et ce jeu de cache-cache dans lequel elle montre une grande habileté. Jeux de séduction, et fragilités d’un ex-amour fou sur contexte de guerre. Troie vient de tomber. De quoi est fait ce face à face entre une Hélène portant la robe scintillante de noces avortées en même temps que le deuil de Pâris, et Ménélas l’homme déclassé, à la dérive, gardant son amour fou pour celle qui lui fut dérobée ? De danse et de séduction, d’hésitations, de nostalgies, d’écroulements. « Vais-je vivre ou mourir » se questionne-t-il à haute voix. Tandis qu’Hélène résolument sur ses gardes lui fait face, comme une panthère prête au coup de griffe. L’approche entre les deux personnages est guerrière en même temps que trouble, inquiétude et grâce. Marie-Sophie Ferdane habite le rôle avec élégance et assurance dans la palette du féminin bafoué et de l’incertitude tout en étant maîtresse-femme. Simon Abkarian est un Ménélas qui garde sa dignité.

© Antoine Agoudjian

Né en France d’origine arménienne, ayant passé sa jeunesse au Liban, l’auteur-metteur en scène est profondément méditerranéen. Côté théâtre, il a été à bonne école auprès d’Ariane Mnouchkine, acteur au Théâtre du Soleil pendant une huitaine d’années au moment où la troupe plongeait dans la mythologie grecque, montant Les Atrides. Ariane Mnouchkine, une fois de plus avait fait date en mettant en scène Iphigénie à Aulis d’Euripide, Agamemnon, Les Choéphores et Les Euménides, d’Eschyle. Simon Abkarian y interprétait quatre personnages – dont Agamemnon, Achille et Oreste. Il n’est pas sorti indemne de la tragédie grecque, s’est nourrit de L’Iliade, vaste poème d’Homère sur la guerre de Troie, a écrit et monté en 2019 Électre des Bas-fonds et aujourd’hui sa trilogie dont Nos âmes se reconnaitront-elles ? est le dernier volet.

Et même si on a un peu l’impression d’une redite, chaque pièce donne sa couleur et sa profondeur à la tragédie grecque. La langue de Simon Abkarian se mêle aux langages musicaux des espaces géographiques qu’il choisit de représenter. La première, Ménélas Rebétiko Rapsodie est un solo qu’interprétait le metteur en scène, qui dansait sur la musique du Rebetiko, ce blues méditerranéen né dans les bas-fonds du Pirée, magnifiquement interprétée par le bouzoukiste Grigoris Vasilas et le guitariste Kostas Tsekouras. La seconde, Hélène après la chute mettait au cœur de la scène le piano à queue de la compositrice, pianiste et interprète franco-arménienne, Macha Gharibian, qui s’est nourrie de jazz, de musique du monde et de folk autant que de classique, et qui ponctuait l’affrontement entre Hélène (Aurore Frémont) et Ménélas (Brontis Jodorowsky) de manière virtuose.

© Antoine Agoudjian

Cette troisième guerre amoureuse, Nos âmes se reconnaitront-elles ? où Simon Abkarian fait face à Marie-Sophie Ferdane au son de la musique traditionnelle kurde, chargée du tragique et de l’exil, entre le saz et le chant de Ruşan Filiztek et Eylül Nazlier, ferme le cycle Odyssée en Asie Mineure avec sensibilité, intelligence et poésie. Tous deux chantent en kurmandji, langue que ne reconnaît pas la Turquie, et quand Eylül Nazlier, jeune musicienne de vingt ans, s’avance vers Hélène qui lui pose une couronne sur la tête – moment fort et d’émotion s’il en est – elle chante en zazaki, sa langue maternelle, un dialecte kurde très ancien qui se perd, et qu’elle est partie collecter dans les villages.

L’ensemble du cycle, écrit et mis en scène par Simon Abkarian, est une belle proposition autour d’un texte vibrant, variant les écritures scéniques, où dans chaque acte, la musique porte avec force la tragédie.

Brigitte Rémer, le 6 février 2024

Avec Marie-Sophie Ferdane et Simon Abkarian – collaborateur artistique Pierre Ziadé – création lumière Jean Michel Bauer – accompagnement musique et voix Ruşan Filiztek et Eylül Nazlier – production La compagnie des 5 roues, coproduction Théâtre Nanterre-Amandiers/ centre dramatique national.

Du 16 janvier au 2 février 2025, au Théâtre Nanterre-Amandiers/CDN, 7 avenue Pablo Picasso. 92000. Nanterre – métro : Nanterre Préfecture – site : www.nanterre-amandiers.com – tél. : 01 46 14 70 00. En tournée : le 8 avril au Théâtre de Villefranche-sur-Saône – le 6 mai au Théâtre Ducourneau d’Agen – du 21 au 23 mai à la Comédie de Picardie, en co-accueil avec la Maison de la Culture d’Amiens.