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Trust me for a while

Conception, écriture et mise en scène Yngvild Aspeli – interprétation : Pédro Hermelin Vélez, Mélody Shanty Mahe, Alix Weugue, en alternance avec Laetitia Labre – fabrication marionnettes Polina Borisova – compagnie Plexus Polaire, dans le cadre du Festival Marto – Le Beffroi, Salle Blin, à Montrouge.

© Polina Borisova

Dans la grande salle de Montrouge un petit castelet défini par trois rideaux sur roulettes bordés d’un liseré doré un peu défraichi. On est à Medellin avec Pedro et le chat est mort, dit-on. Or le chat est bien là, gardien du castelet. À l’avant, la marionnette, Teddy, belle sculpture à la bouche articulée (fabrication Polina Borisova), dialogue avec son manipulateur qui, par sa ventriloquie, interprète les deux rôles (Pédro Hermelin Vélez).

La marionnette traverse une crise existentielle « J’ai peur… » dit-elle à son presque alter ego qui ne la ménage guère. Entre l’un et l’autre s’engage une lutte de pouvoir entre l’objet et le personnage, la marionnette et l’acteur. « Putain de cartésien ! » lui dit sa marionnette… « Je donne ma langue au chat » répond l’autre sous le regard du minet et dans les lumières de Vincent Loubière.

© Polina Borisova

Le spectacle travaille sur l’illusion, commenté par une composition musicale de Greg Hall, et le manipulateur rappelle aux spectateurs que tout est illusion. Sort une musique, on ne sait d’où, un chant accompagné au ukulélé, car le spectacle est plein de malice et de surprise. Le son sortirait de la malle, déposée là… Mais le ton monte entre les deux têtes de bois et la marionnette commence à dérailler dit son manipulateur qui lui tape dessus et la blesse, puis la soigne d’une bande sur la tête, et l’enferme dans une malle. Le numéro de music-hall qu’ils devaient réaliser s’annule.

Et quand il réouvre la malle pour délivrer cette marionnette indomptée et indomptable à ses yeux, elle a pris la poudre d’escampette. La malle est vide et le mal est fait. Les retrouvailles, quand il met la main dessus, se passent dans la violence et c’est Teddy la marionnette qui, excédée, tape allègrement sur son manipulateur. Le castelet tremble, les rideaux frissonnent et sont en folie. Se met en place un duo avec Rogers, le chat à la drôle de gueule, un peu serpent ou un peu rat. On entend chanter le chat est mort, mais quand on ouvre à nouveau la malle il est bien vivant, par un zeste de magie.

© Polina Borisova

Et le combat continue avec Teddy la marionnette et avec le chat. Le sang gicle sur les rideaux du castelet « Avec toi, Pedro, on va voir ce qu’est une illusion… » et les jeux s’inversent, Pedro se transforme en marionnette sous la main augmentée de Teddy, qui a grossi considérablement brouillant les échelles de la scénographie, et qui refait la même démonstration de la mise en pièces de sa créature. Un couteau circule, Pédro devient le cobaye, on l’enferme dans la malle et Teddy s’assied dessus, œil pour œil. Pedro supplie qu’on l’en ressorte. Le chat a grossi dans les mêmes proportions que la main de Teddy, le théâtre panique est à son comble. Dans ce joyeux brouhaha et pour fermer la fable de l’arroseur arrosé, une question rhétorique est lancée, pour que chacun reste à sa place et regarde dans la bonne direction. Trust me for a while signifie Faites-moi confiance, un petit moment…

© Polina Borisova

Ce qui pourrait passer pour un léger divertissement et qui vire au cauchemar éveillé n’est pas si innocent que ça. Le spectacle pose en effet la problématique du rapport de l’objet-marionnette à l’acteur, ici d’une manière loufoque entre fête foraine et grand-guignol, tout en apportant de l’eau au moulin de la réflexion. Pedro Hermelin Vélez, talentueux marionnettiste franco-colombien a découvert la marionnette lors d’une masterclass de Yngvild Aspeli à l’Ecole Jacques Lecoq. Dans son amour-haine avec sa marionnette et dans sa ventriloquie il excelle et nous conduit de la décontraction et du ludique à la tension et la débandade. Yngvild Aspeli qui pilote l’ensemble est une grande metteure en scène, elle sait jouer de différents styles et langages scéniques dans une large palette. Pour mémoire, Une Maison de poupée qu’elle vient de présenter au théâtre Silvia Monfort (cf. Ubiquité-Cultures du 22 mars 2026).

Trust me for a while est conçu comme un spectacle d’horreur humoristique, dans une forme légère prête à s’adapter dans des salles de classe ou des gymnases.

Brigitte Rémer le 29 mars 2026

Avec :  Pédro Hermelin Vélez, Mélody Shanty Mahe, Alix Weugue (en alternance avec Laetitia Labre) – Le spectacle a été créé avec Pédro Hermelin Vélez, Mélody Shanty Mahe, Pierre Lac, acteur·rices nouvellement diplômé·es de l’ENSAM de Charleville-Mézières et Laetitia Labre – collaboration à l’écriture et à la dramaturgie Pauline Thimonnier – assistanat à la création : Laetitia Labre, Aitor Sanz Juanes, Andreu Martinez Costa – fabrication marionnettes Polina Borisova – composition musique Greg Hall – lumières Vincent Loubière – technicien en tournée – Pierre-Aimé Ballot en alternance avec Simon Masson – production Plexus Polaire Claire Costa – administration Plexus Polaire Anne-Laure Doucet – chargée de production Plexus Polaire Iris Oriol

Vu le 14 mars à Montrouge (92) Le Beffroi/salle Blin – métro : Mairie de Montrouge – Dans le cadre du Festival Marto – site : www.festivalmarto.com et www.plexuspolaire.com

La Conférence des oiseaux

D’après La Conférence des oiseaux/Manteq al-tayr, de Farîd al-Dîn Attâr – mise en scène Petr Forman – scénario Ivan Arsenjev, Petr Forman, Jean Claude Carrière – compagnie Frères Forman, une programmation du théâtre Les Gémeaux de Sceaux hors les murs, en partenariat avec L’Azimut/Pôle national Cirque, dans le cadre du Festival Marto.

© Irena Vodáková

Ils volent avant même que le spectateur n’ait pris place dans l’immense chapiteau et montrent le chemin. Un narrateur engage l’histoire. Un vendeur d’oiseau passe avec sa cage. On entre dans l’univers mystique du XIIème siècle époque importante du soufisme, avec le poète persan Farîd al-Dîn Attâr qui a vécu de 1142 à 1220 et signé La Conférence des oiseaux.

Le livre est publié dans une adaptation d’Henri Gougaud avec de magnifiques illustrations émanant entre autres de la BNF et du musée national des arts asiatiques Guimet, « pour que l’hirondelle prenne son envol de plus en plus haut. » Avec la huppe et une trentaine de ses compagnons nous partons à la recherche de Simorgh, l’oiseau roi de la perfection, porteur de paix. Le spectacle est basé sur la ré-écriture d’Ivan Arsenjev et Petr Forman, avec le conseil littéraire de Nora Sequardtová pour Farîd al-Dîn Attâr, à partir du scénario que Jean Claude Carrière avait écrit pour Peter Brook. Le metteur en scène en avait présenté sa lecture au Festival d’Avignon en 1979, dans une mise en scène basée sur l’idée du conte, dans une grande simplicité artisanale.

© Irena Vodáková

Dans le regard de Petr Forman, le chemin initiatique fait figure de cérémonie secrète, tout y est image et son, déplacement et chorégraphie. Une scénographie de type moucharabieh (signée Josef Lepša et Petr Forman) ferme un vaste espace incurvé qui pourrait rappeler la mosquée ou le marché traditionnel chez les marchands d’encens et de plantes médicinales, métier d’apothicaire qu’avait exercé Attar. Déplacés, ces panneaux mobiles agrandissent l’espace. Au plafond des toiles s’entrecroisent comme sous une tente bédouine, formant une sculpture vivante qui peu après le début du spectacle se retire avec élégance, découvrant dans un vaste espace, un écran incurvé à 180 degrés. Au sol, des tapis d’Orient renforcent une ambiance intime et feutrée, dans ce chapiteau surdimensionné. Tout autour et dissimulé derrière l’écran de fil une plateforme permet les entrées et sorties des acteurs et autres envolées d’oiseaux. Les projections de forêt tropicale et jeux de lumières cernent le parcours, de même qu’une bande-son qui transmet des musiques hétérogènes, des bruits de la nature en continu, battements d’ailes, cris, bruissements et pépiements (musique Simon Thierrée). Un paon fait la roue, plein d’orgueil, les oiseaux se chicanent. « Vous ne savez pas faire autre chose que vous battre ? » interpelle le chef de la bande, « Eh ! Toi ! Moineau ! – Eh ! Toi ! La chouette ! Le Rossignol ! »

© Irena Vodáková

« Ce fut au royaume de Chine, un soir vers l’heure de minuit. Il envahit soudain le ciel. Nul ne l’avait encore vu. De son corps tomba une plume. » Les plumes de Simorgh, une à une, montrent le chemin aux oiseaux partis à sa recherche pour trouver la paix. Ils prennent leur envol en collectif et dans la synchronisation, leur murmuration est une splendide démonstration chorégraphiée. Les acteurs sont masqués, gantés, vêtus de collants et justaucorps aux mille couleurs fermés d’une ceinture noire, la queue en éventail (costumes et masques : Josef Lepša, Lenka Polášková, Michaela Mayrová, Vjačeslav Zubhov). Leur vol s’inscrit au-dessus de la forêt dans ce jeu du dedans-dehors renforcé par des miroirs qui donnent l’illusion dans la démultiplication. Simorgh lui-même a créé un miroir dans lequel il se reflète et irradie. Les acteurs-danseurs-circassiens glissent dans l’air en un mouvement d’ensemble digne de la plus belle passée d’oiseaux prêts à la migration.

© Irena Vodáková

Le récit se poursuit, les plis de rochers charbonnés s’incrustent sur écran. Une cascade de lasers leur coupe la route. On vole avec eux vers Simorgh. La fatigue aidant leur inquiétude grandit. La nuit tombe et le noir s’abat laissant place au doute. « Nous cherchons le soleil. Nous avons perdu nos plumes. » La huppe se lamente : « Je suis seule… N’y a-t-il personne qui cherche la Voie ? » La nature se déchaine : orage, pluie, tonnerre. Les oiseaux survolent les montagnes sacrées, les volcans et traversent le désert blanc. Une toile au sol a la couleur du sable fin jusqu’à ce qu’une tempête le fasse voler.

Tout à coup un masque monumental aux yeux de lumière les effraie et nous regarde fixement. En hauteur, sur des plans inclinés, les oiseaux patinent comme s’ils n’atteindraient jamais le sommet. « Ce que vous cherchez ? La vérité elle-même et non son parfum… Repartez d’où vous venez ! » Une voix grave (celle de Denis Lavant) accompagne les images, puissantes, qui nous font traverser les sept vallées que les oiseaux doivent franchir : la vallée de la quête où l’on doit jeter tout ce qu’on a de trop et qui oblige au dénuement ; la vallée de l’amour où les amants jouent leur vie sur ce chemin brûlant ; celle de la connaissance où de nombreuses portes mènent au labyrinthe ; la vallée du détachement où ce labyrinthe n’est plus qu’un vague souvenir ; dans la vallée de l’unité on est seul dans un monde souterrain où le corps et l’espace ne font qu’un ; dans la vallée de l’effroi se perdent les références et la notion du temps, il y fait noir ; dans la vallée de la dissolution on frôle le vide absolu et le rien tout en ressentant une sensation proche de l’éveil. Les oiseaux finirent par rencontrer Simorgh, pour comprendre qu’en fait ils le portaient en eux. « L’ombre se confondit avec le soleil et ce fut tout. »

Le spectacle se ferme quand les acteurs déposent leurs plumes et apparats, apparaissant en collant noir. Une dernière histoire prend le dessus, la parabole des papillons qui se rassemblent pour ne faire qu’un avec la flamme. « Si tu ne contemples que toi, comment peux-tu voir ton ami ? Au travail, amis ! La paix soit à jamais sur vous ! »

© Irena Vodáková

Depuis vingt-cinq ans Matěj et Petr Forman, fils du grand réalisateur Miloš Forman travaillent en Tchéquie et sillonnent les routes sous la signature de la compagnie Frères Forman. Ils ont été formés à l’art de la marionnette et utilisent tous les styles et objets du théâtre forain, cabanes de bois et petits chapiteaux à la clé. L’animation visuelle est ici au cœur du sujet et prend une grande place notamment dans la seconde partie du spectacle avec le franchissement des vallées. Les acteurs, venant de Tchéquie, Slovaquie, France, Italie et États-Unis, apportent de la magie au conte initiatique dans leurs vibrantes gestuelles, individuelles et collectives.

Les Frères Forman avaient présenté en 2007 Obludarium, un spectacle sur les monstres de cirque joué sous chapiteau et en 2017, dans une cabane en bois, Deadtown, un cabaret western, entre le théâtre et le cinéma muet. Leur passage en France se fait rare, leur langage théâtral est atypique. D’une beauté singulière, La Conférence des oiseaux a quelque chose d’hypnotique. « Comment parler de ces mystères ? Il me faudrait, pour les connaître, avoir franchi le seuil des morts. Je suis vivant, j’ignore donc… »

Brigitte Rémer, le 31 mars 2025

Avec : Ivan Arsenjev, Maureen Bator, François Brice, Petr Forman, Rob Hayden, Milan Herich, Petr Horký, Miroslav Kochánek, Tereza Krejčová, Philippe Leforestier, David Pražák, Daniel Raček, Manuel Ronda, Zuzana Sýkorová, Veronika Švábová, Petr Vinecký, Marek Zelinka. Création plastique Josef Lepša – scénographie Josef Lepša et Petr Forman – musique Simon Thierrée – costumes et masques : Josef Lepša, Lenka Polášková, Michaela Mayrová, Vjačeslav Zubhov – conseiller littéraire sur Attar : Nora Sequardtová – voix : François Brice, Laya Khanjani, Denis Lavant – remerciements : Antoine de la Morinerie – production Forman Brothers Theatre, coproduction Théâtre-Sénart, Scène nationale, Les Gémeaux/Scène nationale de Sceaux, L’Azimut-Antony/Châtenay-Malabry, Pôle national cirque en Île-de-France – avec l’équipe technique des Gémeaux.

Espace Cirque d’Antony/Azimut1 rue Georges Suant, Antony,, tél. : 01 41 87 20 84  s/c Les Gémeaux, Scène Nationale – tél. : 01 46 61 36 67 – site : www.lesgemeaux.com

Pinocchio (live) #2

© Christophe Raynaud de Lage

Conception et mise en scène Alice Laloy, composition sonore Eric Recordier, chorégraphie Cécile Laloy assistée de Claire Hurpeau – Compagnie S’appelle Reviens – Avec les enfants-danseurs du Centre Chorégraphique de Strasbourg et les étudiants de la classe d’art dramatique du Conservatoire de Colmar – au Théâtre 71 de Malakoff, dans le cadre du Festival Marto.

C’est un singulier projet né d’un long cheminement sur lequel Alice Laloy travaille depuis une huitaine d’années, une recherche. Troublée par le rapport entre l’objet inanimé et le vivant, elle débute par une recherche photographique autour du personnage de Pinocchio qui lui semble le plus approprié à répondre à ses questionnements. Gepetto en effet engendre Pinocchio la marionnette, sous la plume de Carlo Collodi, pantin qui parle, pleure et rit comme un enfant. A partir de ce mythe de Pinocchio, la plasticienne réfléchit à ce moment de bascule entre mobilité et immobilité. Le programme Hors- les-murs de l’Institut Français lui permet de se poser un temps en Mongolie, en 2017 et d’observer la contorsion, un art ancestral du pays. Elle travaille sur l’articulation et la désarticulation des corps.

Après l’exposition de son travail s’ensuit une première version d’un Pinocchio scénique, Pinocchio(s) qu’elle travaille entre 2017 et 2019, Alice Laloy s’est en effet formée aux arts de la scène à l’école du TNS de Strasbourg, en section scénographie et costumes. Le projet évolue en Pinocchio(live)#1 qu’elle créée pour l’ouverture de la Biennale Internationale des Arts de la Marionnette à Paris, en mai 2019, performance pour vingt-six interprètes amateurs – treize enfants danseurs et treize jeunes adultes acteurs-manipulateurs. Elle poursuit sa recherche et créée Pinocchio (live) #2 qu’elle présente au Festival d’Avignon 2021, avant une grande tournée.

Sa lecture de Pinocchio nous convie à une expérience des plus troublantes car elle inverse la logique de Collodi. Alice Laloy part du vivant et nous mène vers le corps inanimé, la marionnette, en différentes étapes, sans texte, au rythme de percussions. Dix enfants pleins de vie ouvrent le spectacle et comme tous les enfants du monde, chahutent. Après leur sortie de plateau dix jeunes manipulateurs vêtus de blouses grises transforment la scène en atelier et installent leurs établis. Ils seront chargés de créer chacun sa marionnette, partant du vivant, de l’enfant, au pantin. On pénètre alors dans un univers fantasmatique au retour des enfants, vêtus d’une sorte de short, pieds et bras nus et qui s’étendent chacun sur un établi, s’abandonnant totalement aux mains des officiants.

Le rituel commence, avec délicatesse et précision, comme dans une salle d’opération, préparant leur métamorphose. Ils vont être maquillés, visage, jambes et bras recouverts d’une peinture blanche, bouches cerise, yeux irréels, décalés selon la méthode qu’avait appliquée Cocteau dans Le Testament d’Orphée – peindre des yeux sur des paupières fermées – ou comme L’œil cacodylate, tableau de Francis Picabia en sa période dadaïste. Bientôt ces yeux vont nous regarder fixement. Les enfants par ailleurs auront, à chaque articulation, comme des fils conducteurs, à l’égal d’une marionnette à fils.

Quand le cérémonial s’achève, les enfants devenus marionnettes tentent la marche et la danse. Ils s’asseyent sur des chaises installées en rond, à la recherche de l’immobilité. Comme l’oiseau quittant le nid, ils ont des ratés dans leur nouveau corps sculpté, glissent de leur chaise, chutent et se relèvent, cherchent à habiter l’espace, à prendre leur souffle. Dans leurs tentatives vaines, pleine de trouble et d’émotion pour le public, ils sont dans un total abandon. Au final, chacun retrouve son créateur qui lui redonne vie, qui le démaquille et le renvoie à son statut d’enfant.

Il n’y a aucun frisson dans la transformation de l’enfant en pantin, seule la confiance et la précision dans la posture et le geste de chacun, une émotion chez le spectateur, aucune insurrection. Les enfants choisis dans le cadre de cette expérience et spectacle sont remarquables dans leur maîtrise gestuelle, on est au théâtre, ils sont des interprètes, tous enfants-danseurs du Centre Chorégraphique de Strasbourg, et les manipulateurs sont étudiants de la classe d’art dramatique du Conservatoire de Colmar. On ne peut que chaleureusement les féliciter, tous, et dire Chapeau bas !

Alice Laloy a construit avec eux comme un objet magique, complexe, où la vie vient et la vie s’en va en un objet théâtral finement élaboré, à la frontière de l’humain et de l’objet-marionnette. Ella a écrit plusieurs spectacles pour jeune public où la musique est très présente et vient de créer Death breath Orchestra avec musiciens et pantins. Elle poursuit ses expériences poétiques vers les sommets de l’extrême.

Brigitte Rémer, le 2 avril 2022

Avec les enfants-danseurs du Centre Chorégraphique de Strasbourg Pierre Battaglia, Stefania Gkolapi, Martha Havlicek, Romane Lacroix, Maxime Levytskyy, Rose Maillot, Nilsu Ozgun, Anaïs Rey-Tregan, Edgar Ruiz Suri, Sarah Steffanus, Nayla Sayde – et avec les étudiants comédiens du Cycle d’Orientation Professionnelle du Conservatoire à rayonnement départemental de Colmar Alice Amalbert, Jeanne Bouscarle, Quentin Brucker, Esther Gillet, Leon Leckler, Mathilde Louazel, Antonio Maïka, Louise Miran, Valentina Papic, Nina Roth, Raphaël Willems, accompagnés par Norah Durieux et Elliott Sauvion Laloy.

Scénographie Jane Joyet – costumes Oria Steenkiste, Cathy Launois, Maya-Lune Thieblemont – accessoires Benjamin Hautin, Maya-Lune Thieblemont, Antonin Bouvret – conseil et regard contorsion Lise Pauton et Lucille Chalopin – régie générale et lumière Julienne Rochereau – régie son Lucas Chasseré – construction des établis/Atelier de construction du TNP de Villeurbanne – confection des costumes/étudiants du Lycée Paul Poiret de Paris, classe de Véronique Coquard et Maryse Alexandre – coréalisation Malakoff scène nationale, Théâtre de Châtillon, Théâtre Jean Arp/Clamart, Les Gémeaux/scène nationale de Sceaux.

Vu au Théâtre 71 Malakoff, scène nationale (vendredi 18 mars, samedi 19 mars 2022) – Prochaines représentations, du 12 au 16 avril, au Théâtre National Populaire de Villeurbanne. Site : www.tnp-villeurbanne.com – tél. : 04 78 03 30 00.