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Théâtre Les Doms – Festival Avignon Off

Conférence de presse à l’invitation de la Délégation générale Wallonie-Bruxelles à Paris pour annoncer la programmation du Théâtre Les Doms dans le cadre du Festival Avignon Off 2026.

Affiche, dessinée par Maurine Larcher

Fondé en 2002 par Philippe Grombeer, le Théâtre Les Doms contribue au rayonnement d’artistes, de créations et de projets artistiques issus de la Fédération Wallonie-Bruxelles par la promotion des œuvres et des artistes. Sandrine Bergot le dirige depuis deux ans avec rigueur et fantaisie.

Véritable pont entre la Belgique et la France, il s’est imposé au fil des ans comme une vitrine incontournable de la création belge francophone pendant le Festival d’Avignon, accompagne les artistes tout au long de l’année dans le développement de leurs projets en leur offrant un espace de travail, une équipe à l’écoute et un soutien financier adapté. Ainsi en 2026 il a accueilli en ses trois studios des artistes en résidence, réalisé un Focus Jeune Public et un Focus Francophonie. Son festival Fusée Francophonie, rendez-vous des programmateurs-programmatrices du spectacle jeune public francophone se prépare pour octobre. Il est le Pôle-Sud de la création en Belgique francophone.

Seront ainsi présentés au Théâtre Les Doms 8 spectacles : Les enfants de la Vallée par les Ateliers de la Colline (10h30) – Le silence de Claire Lagrange, Compagnie de la Bête Noire (12h30) – Pépée, une histoire sans chute, par Josépha Sibni et Laurène Hurst (14h30) – Opéra Punk, par Brut Movement (16h) – Exhibit A, par SihamHaddioui (17h) – Pour l’expansion des possibles dans ma sexualité, par Club PEPS (18h30) – Rumba, de David Murgia et Ascanio Celestini (19h45) – Ce que le ventre dit, avec Lisette Lombé et Marc Nammour (22h15).

Un spectacle de danse sera aux Hivernales, partenaire historique des Doms, T’façon on est en 2012 de Lorraine Dambermont, à 21h) et un spectacle chez deux nouveaux partenaires : un spectacle jeune public au Totem, scène conventionnée d’intérêt national Art/Enfance/Jeunesse (La Caravane des Mûchettes, de Aline Mahaux, à 11h20 et 16h20) et une représentation des arts de la rue au Festival Villeneuve en Scène (Au coin de ma rue, compagnie des Bonimenteurs, à 18h, 19h et 20h).  Trois spectacles seront présentés en avant-première à Paris avant Avignon et huit spectacles au Théâtre Les Doms, les 2 et 3 juillet 2026 *.

Les Doms ce sont aussi des rendez-vous quotidiens, animés par Émile Lansman avec les artistes de la sélection (11 compagnies accueillies sur 140 dossiers reçus), des brunchs avec la Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques ; un parcours autour des Invisibles avec notamment David Murgia (Rumba), Mathias Simons (Les enfants de la Vallée) et Mehdy Khachachi lauréat 2026 du Prix Jo Dekmine, créé en 2017 par les Doms, en hommage au fondateur du Théâtre 140 et cofondateur des Halles de Schaerbeek, à Bruxelles.

Maurine Larcher, auteure et dessinatrice de l’affiche du Festival exposera dans le Jardin, la rue est son terrain d’observation. Et l’équipe belge aux manettes du bar-restaurant, Virginie Bol et Philippe Goffart, accueillera les publics jusqu’à 1h du matin, organisera les fêtes des mardis 14 juillet et 21 juillet fête nationale belge et proposera les produits de saison et la bière Lupulus, entre l’eau claire et le pastis. Au plaisir de vous retrouver aux Doms cet été !

 Brigitte Rémer, le 15 avril 2026

Conférence de presse du jeudi 9 avril 2026 à 9h30, Délégation générale Wallonie-Bruxelles à Paris, 274, Boulevard Saint-Germain. 75007, métro Invalides ou Assemblée Nationale – Théâtre Les Doms, 1 bis rue des Escaliers Sainte-Anne, 84000. Avignon –  tél. : +33 [0]4 90 14 07 99 – Site : lesdoms.eu.

*Avant-premières : Maison de la Poésie, Paris,  le 22 avril 2026 à 21h, Ce que le ventre dit, avec Lisette Lombé, slameuse et Marc Nammour, rappeur – Rencontres Chorégraphiques Internationales de Seine-Saint-Denis, Le 26 mai à 21h à la Chaufferie  avec T’façon on est en 2012 qui sera présenté aux Hivernales du 9 au 21 juillet – Au coin de ma rue présenté par la compagnie Les Bonimenteurs, dans le cadre du Festival Onze bouge (Paris 11ème), les 30 et 31 mai, programmé à Villeneuve-en-scène du 10 au 20 juillet.

Confession publique

Conception, mise en scène et chorégraphie Mélanie Demers – interprétation Angélique Willkie avec la participation d’Anne-Marie Jourdenais, au CDCN Les Hivernales d’Avignon, dans le cadre du Festival Avignon off.

© Chloé Pluquet

Le spectacle débute sur une partition endiablée pour percussions, avec ses instruments – caisse claire, grosse caisse et autres cymbales – posés sur une table côté jardin. La musicienne frappe fort et donne rythmes et roulements.

Le son enfle comme les gestes, en un crescendo où la danseuse – qui est aussi la percussionniste, (Angélique Willkie) distribue déjà toute son énergie, menant le public à la baguette. Les splendides vases chinois qui l’entourent sont éloignés un à un, pour éviter le pire. Une ombre glisse pour les déplacer, ombre-témoin ou gardienne, ou encore son double et qui l’accompagne tout au long du spectacle (Anne-Marie Jourdenais).

Après les vases on retire les instruments, et la déesse aux percussions prend son temps pour se préparer, tel un sportif, après avoir ôté tous ses bijoux. Elle porte une tunique blanche. Elle ouvre le récit, petit à petit et lance le micro autour d’elle comme un lasso, devenant amazone. « Il était une fois… » son double, valet muet, est assis sur un banc côté cour, portant une casquette. Au début le texte est en anglais, sans traduction, on y va à tâtons.

© Chloé Pluquet

Sur une bande son attentive et intense la danseuse se dépouille de ses différentes couches de vêtements. Elle est nue et chante une berceuse, puis s’allonge prête pour le sacrifice et se pétrit comme on pétrit la terre, se balance et tangue comme la mer. Son ange gardien la recouvre d’une couverture.

On dirait, quand elle se relève, qu’elle renaît. Un cercle de lumière la guide. Du vase chinois elle sort des pages qu’elle effeuille et qu’elle lit, en français. « Je suis ça ! » dit-elle, scandant les mots. Et le texte évoque les tragédies de la femme et tragédies humaines : avortement, prostitution, soins palliatifs. « Je préférerais être ailleurs » poursuit-elle.

De dos, assise sur la table, elle écoute le bruit de la vaisselle qui se casse. Son ombre porte une casquette d’officier russe, bruits de bottes pas loin. Plus tard il/elle prendra des notes. On l’habille comme une enfant ou comme une malade ayant perdu tête et mobilité. Le texte enregistré dans une langue inconnue dérape dans les aigus du bord de la folie, rappelant Antonin Artaud dans ses délires et imprécations. L’effondrement est proche.

© Chloé Pluquet

Le dévoilement la conduit à s’absenter d’elle-même. Assise dans une fourrure, elle en état de sidération, se place devant le micro mais ne dit mot, comme frappée de mutisme. « Once upon a time… » revient dans la bande-son et la déborde jusqu’à ce que la parole lui revienne, non maîtrisée, sur un corps éteint. Elle s’est retirée du monde, tente de parler sans articuler, sans voix. Sa descente aux enfers se termine devant les percussions dans lesquelles elle excellait au début du spectacle.

Réalisé avec une grande précision et magnifiquement porté par Angélique Willkie, danseuse-performeuse, Confession publique dessine un parcours de vie entre poésie et tragédie. L’ombre et la lumière qui cernent la scène et la protagoniste, ponctuent ses reliefs intérieurs et extérieurs avec sensibilité (lumières de Claire Seyller). Le spectacle est d’une facture précise et rigoureuse, tant dans la scénographie qui travaille les pleins et les déliés (Odile Gamache) que dans la dramaturgie musicale (écrite par Frannie Holder, compositrice, chanteuse et multi-instrumentiste) émettrice de signes forts au cœur des fêlures, de l’introspection et des aveux.

© Chloé Pluquet

Angélique Willkie qui dégage une puissante force magnétique a été formée à l’École du Toronto Dance Theatre, avant de passer une vingtaine d’années en Europe où elle a notamment travaillé en Belgique avec Alain Platel et Sidi Larbi Cherkaoui des Ballets C de la B, la compagnie Karin Vyncke ainsi que la Needcompany de Jan Lauwers. Elle a aussi beaucoup travaillé la voix et collaboré avec Zap Mama, dEUS, DAAU et Zita Swoon Group. Récemment établie à Montréal elle y a rencontré Mélanie Demers, chorégraphe et artiste multidisciplinaire, qui a fondé à Montréal sa compagnie, Mayday, en 2007, Mayday étant le signal de détresse émis par un avion ou un bateau selon l’usage radio-téléphonique en vigueur. La chorégraphe cherche entre le théâtre et la danse, ses spectacles ont souvent été primées.

Confession publique repose sur la complicité qui s’est tissée entre ces deux femmes-artistes qui poussent le curseur du corps et de la pudeur assez loin et sans concession, par lambeaux de vie. Une génération les sépare, elles jouent de cet écart et livrent une chorégraphie coup de poing sur le ton de la confidence et de la révélation. Angélique Willkie a reçu le Prix interprétation lors des Prix de la danse de Montréal en 2022 – catégorie interprète et Mélanie Demers le Prix de la Meilleure oeuvre chorégraphique de la saison artistique, attribué par le Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ) la même année. Elles proposent, sur ce territoire du corps vulnérable un parcours sensible et engagé.

Brigitte Rémer, le 1er août 2025

© Chloé Pluquet

Conception, mise en scène et chorégraphie Mélanie Demers – interprétation Angélique Willkie, avec la participation d’Anne-Marie Jourdenais – direction des répétitions Anne-Marie Jourdenais – dramaturgie Angélique Willkie – musique originale Frannie Holder – musique additionnelle extrait de The Fairy Queen, composé par Henry Purcell et chanté par Angélique Willkie – scénographie Odile Gamache – lumière Claire Seyller – costumes Elen Ewing – direction technique et régie Hannah Kirby – direction de production Alec Arsenault – coproductions : La Chapelle Scènes Contemporaines, Montréal, Canada – Agora de la danse, Montréal, Canada – Centro per la Scena Contemporanea,Bassano del Grappa, Italie – Remerciements Éléonore Loiselle.

 Du 10 au 20 juillet 2025 (relâche le mardi), au CDCN Les Hivernales, 18 rue Guillaume Puy, Avignon – tél. : 04 90 82 33 12 – site : www.hivernales-avignon.com