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Theatre of Dreams

Chorégraphie et musique Hofesh Shechter – lumières Tom Visser – costumes Osnat Kelner – direction artistique/adjoint Bruno Guillore – collaboration musicale Yaron Engler – collaboration scénographique Niall Black – au Théâtre de la Ville / Sarah Bernhardt.

© Tom Visser

Le Théâtre de la Ville reprend la création remarquée du chorégraphe présentée en 2024 dans ce même théâtre, Theatre of Dreams, chorégraphie de haute tension et attention pour douze danseurs et trois musiciens.

Au début du spectacle, d’intrigants rideaux noirs comme scénographie composent notre horizon. Un homme en costume sorte de M. Loyal tire le premier, qui s’ouvre sur un second, qui s’ouvre sur un autre. Le velours se fend par surprise pour laisser filtrer un geste, une lumière, ou faire apparaître et disparaitre un danseur, une danseuse, comme dans un flash. On plonge dans le rêve, ou dans un mirage, dans l’imaginaire ou dans l’expression de l’inconscient, par fragmentation et dans la diversité des styles proposés.

© Tom Visser

La chorégraphie très élaborée d’Hofesh Shechter – qui signe aussi la musique – toute de sensualité et d’émotion, d’étrangeté aussi, est réglée au cordeau. Elle nous fait traverser des plaines et des montagnes, des déserts et des souterrains, du collectif et de la solitude, des rythmes, éclatants ou émouvants, scintillants ou effacés, dans la plus grande diversité. Les costumes et le plateau dans leurs tonalités bleu délavé apportent une subtilité de déclinaisons sublimement éclairées (lumières de Tom Visser) donnant à l’ensemble l’idée d’un tableau en mouvement. La métamorphose qui se joue en permanence dans la flexibilité et l’élégance de l’ensemble, est portée par la composition musicale signée du chorégraphe en la présence de trois musiciens in situ (Yaron Engler, Sabio Janiak, Alex Paton).

Du rêve à la réalité il n’y a qu’un pas que certains spectateurs franchissent quand les danseurs les invitent à se joindre à eux et que, du public, certains descendent partager un petit moment collectif dansé avant de regagner sagement leur place.

Le voyage se poursuit, récit collectif de liberté, rêve rythmé et syncopé, rapide et lent, de grande intensité, comme un champ magnétique et l’amplification d’émotions qui se démultiplient à l’infini. Dans cette chambre d’écho de l’inconscient qu’est la scène ces émotions s’ouvrent et se ferment, inspirent et expirent, s’exposent et se protègent dans un rapport au cosmos plus grand que soi.

© Todd MacDonald

Le langage chorégraphique d’Hofesh Shechter se tisse entre l’énergie du rêve et celle du cauchemar, et dans ces entre-deux paraissent des figures de danses populaires et traditionnelles, comme lambeaux de la mémoire. Une nouvelle matière vive se crée née de la mêlée du geste et du son formant comme un matériau commun. Les corps sautent ou s’inclinent avec expressivité, luttent ou trépignent, s’enracinent, s’étirent bras en adoration, tête renversée vers le ciel comme en hommage, recherche des extrêmes entre suspension et accélération.

Les danseurs forment communauté, comme les Shechter II dans In the brain créé au Théâtre de la Ville/Abbesses en mars dernier et qui a obtenu le Prix de la meilleure compagnie décerné par le Syndicat de la critique (cf. notre article du 16 avril 2026). Du cerveau aux rêves, Hofesh Shechter se met aux commandes de langages et mouvements, de l’intelligence et du subconscient, de la mémoire, des pensées et perceptions, dans une multiplicité de propositions et d’images. Dans Theatre of Dreams il se fait capteur de rêves, barrant la route aux peurs et aux angoisses des mauvais rêves. Son univers de gestes et de sons apporte du rituel et du magique, de l’énergie et des fantasmes, des pensées éveillées, une musique intérieure douce et sauvage, de l’onirisme,

Tous ses spectacles ont été présentés au Théâtre de la Ville depuis 2010, un bel accompagnement de ce théâtre parisien phare qui a toujours joué la fidélité à l’égard des chorégraphes, devenus les plus grands.

Brigitte Rémer, le 22 juillet 2026

© Tom Visser

Avec : Tristan Carter, Robinson Cassarino, Frédéric Despierre, Rachel Fallon, Cristel de Frankrijker, Mickaël Frappat, Justine Gouache, Zakarius Harry, Alex Haskins, Keanah Faith Simin, Juliette Valerio, Chanel Vyent et les musiciens : Yaron Engler, Sabio Janiak, Alex Paton.

Du 25 juin au 11 juillet 2026, à 20h, mardi 30 juin à 21h, au Théâtre de la Ville/Sarah Bernhardt, 2 place du Châtelet. 75004. Paris – site : www.theatredelaville-paris.com – tél. : 01 42 74 22 77 – En tournée : Mulhouse : 25 et 26 septembre 2026 à La Filature – Cavaillon : 5 et 6 octobre 2026 au Théâtre de Cavaillon/La Scène Nationale – Colombes : 7 et 8 novembre 2026 à L’Avant-Seine/Théâtre de Colombes – Saint-Quentin-en-Yvelines : 11 et 12 novembre 2026 au Théâtre de St Quentin en Yvelines – Suresnes : 14 et 15 novembre 2026 au Théâtre Jean Vilar de Suresnes – Lorient : 18 et 19 novembre 2026 au Grand théâtre de Lorient – Saint-Michel-sur-Orge : 24 et 25 novembre 2026 à l’Espace Marcel-Carné/EMC – Villejuif : 28 et 29 novembre 2026 au Théâtre Romain Rolland – Annemasse : 11 et 12 décembre 2026 à Château Rouge.

Dialogues dans le rêve

Création mondiale, mise en scène Josef Nadj – chorégraphie Josef Nadj et Ivan Fatjo – musiques de John Cage – création des masques Anaëlle Impe – espace Kiasma, Castelnau-Le-Lez (34) – dans le cadre du Festival Montpellier Danse.

© Laurent Philippe

Après deux chorégraphies qui mettaient en jeu des danseurs africains dans leur belle énergie – Omma en 2021 et Full Moon en 2025 * Josef Nadj revient à l’intimité dans un duo complice avec Ivan Fatjo avec qui il collabore épisodiquement depuis plus d’une vingtaine d’années. Né à Kanizsa, en ex-Yougoslavie et formé aux Beaux-Arts de Budapest, Josef Nadj développe son parcours chorégraphique en France où il a notamment dirigé le Centre chorégraphique national d’Orléans de 1995 à 2016, présentant ses spectacles dans le monde entier. Ivan Fatjo se forme au conservatoire national des arts du Costa Rica puis au Centre national de développement chorégraphique d’Angers, il rencontre Josef Nadj en 2007 et participe à certains de ses spectacles dont Paysage inconnu en 2014. Il collabore avec différentes compagnies de manière multiforme et monte ses propres projets.

Avec Dialogues dans le rêve, on est à l’opposé des spectacles précédents, dans une tout autre vision, tout aussi intéressante et en recherche, où l’art du détail est au cœur du sujet. Pour que chaque spectacle puisse éclore, le chorégraphe dit fouiller dans sa mémoire. Il s’inspire ici de la culture japonaise et du bouddhisme, du kabuki et de la danse Butô qu’il avait apprise et pratiquée, et dédie le spectacle à Hijikata Tatsumi, créateur de ce mouvement de danse mais aussi passionné d’Artaud et de Genet, et disparu à l’âge de cinquante-sept ans, en 1986. Il rend aussi hommage à Etienne Decroux, ami des Frères Prévert, acteur, mime corporel dramatique et chorégraphe, brillant pédagogue, son maître dans les années 80, qui après une carrière plus classique dédia sa pratique à l’art du mouvement qu’il continua d’expérimenter et enseigna avec virtuosité.

Au-delà de la danse, Josef Nadj s’intéresse au corps-marionnette, à toutes les gestuelles et mouvances, à la peinture, aux masques, à la recherche de motifs nouveaux, il ne s’enferme dans aucun alphabet ni système. Son parcours s’inscrit dans une multiplicité d’expériences atypiques, entre le réel et l’onirique, dans ses recherches sur la théâtralité et il ne craint pas de remettre sur le métier l’ouvrage.

Pour ces Dialogues dans le rêve dont il emprunte le titre à Musō Soseki auteur du XIIIème siècle et moine bouddhiste Zen de l’école Rinzai – qui équilibre la pratique entre le zazen/la méditation, l’étude des kôan/bref échange énigmatique entre un maître et son disciple, et le samu/travail physique dans les monastères – la musique le guide. Il choisit John Cage, compositeur et philosophe de la musique qui pratiquait lui-même le bouddhisme Zen, disant de la musique occidentale qu’elle manquait de rythme, et s’appuie sur le mime et la pantomime. Dans ce duo extravagant et hors du temps chaque geste est sculpté avec minutie et chacun se répond en écho, ondule en parallèle ou réagit à la proposition de l’autre. Les mains sont papillons, les têtes s’inclinent, les jambes parlent, les expressions dansent. La complicité entre Josef Nadj et Ivan Fatjo oscille entre gémellité malicieuse – à l’instar des Frères Janicki, Waclaw et Leslaw, les deux sosies singuliers des spectacles du célèbre metteur en scène polonais Tadeusz Kantor – et sérieux, à la manière appliquée des pince-sans-rire entre mouvements de balanciers et provocations douces.

© Laurent Philippe

Sur une page blanche Josef Nadj et Ivan Fatjo dessinent les vibrations du temps, entre présent et éternité. Le noir du chapeau et des costumes et le blanc des masques, des pieds et des mains, sont la couleur du rêve chez Nadj, les masques, superbement réalisés par Anaëlle Impe, les rend plus énigmatiques encore et les métamorphosent en mannequins, figures animées autant qu’inanimées. Ils montrent la direction, côte à côte, se désynchronisent, se font face ou se tournent le dos, sortent des trésors de leur poche intérieure comme un mètre pliant à l’ancienne qui devient sémaphore ou bois de renne et mesure la précision, par segments de vingt centimètres. On est dans l’épure et le micro-détail, lignes brisées ou lignes courbes, bascules, cerf-volant, tous les langages se croisent poétiquement et musicalement. Le papier calque devient l’écran d’un théâtre d’ombres où ils racontent une nouvelle histoire. Ils deviennent homme sandwich et racine d’arbre, sortent à reculons avec talent et rapportent deux grandes valises avec lesquelles ils dansent en accélération et créent un numéro de prestidigitation. Pas de Josef Nadj sans valise !

Entre expressionisme par la déformation de la ligne, mobilité soudaine et travestissement perruqué comme dans le Nô, les deux compères dessinent des boutons, un col, une esquisse de personnages sur les valises. Nadj puise aussi son inspiration dans les écrits du poète surréaliste hongrois Dezső Tandori, écrivain fécond passionné des oiseaux qu’il élève chez lui et sur lesquels, entre autres, il écrit.

Ces Dialogues dans le rêve, rendez-vous entre les deux artistes dans la vision de Josef Nadj et le dépouillement esthétique du bouddhisme zen, en complicité avec Ivan Fatjo, sont pure réussite. Et comme l’écrivait Musō Soseki dont s’inspire le chorégraphe : « J’ai perdu cette petite chose qu’on appelle moi et je suis devenu le monde immense… » un beau voyage pour celui qui regarde et une talentueuse invitation à méditation.

Brigitte Rémer le 9 juillet 2026

*Voir nos articles Ubiquité-Culture(s) des 6 novembre 2021 (Omma) et 18 mai 2025 (Full Moon). Régie générale et plateau Nicolas Sochas en alternance avec Samuel Dosiere – administration : Laura Petit – production et diffusion Platô Séverine Péan – production déléguée Atelier 3 + 1 – avec le soutien de la Fondation BNP Paribas pour l’accueil en résidence à l’Agora.  Spectacle en hommage à Hijikata Tatsumi – Musiques : Living Room Music : I. To Begin, Cage : The Choral Works, Vol. 1, Gert Sorensen & Tamas Veto, John Cage ; Living Room Music : IV. End, Cage : The Choral Works, Vol. 1, Gert Sorensen, Tamas Veto & Ars Nova, John Cage ; First Interlude, John Cage : Sonatas & Interludes for Prepared Piano, Joshua Pierce, John Cage ; Sonata No. 5, John Cage : Sonatas & Interludes for Prepared Piano, Joshua Pierce, John Cage ; Sonata No. 3, John Cage : Sonatas & Interludes for Prepared Piano, Joshua Pierce, John Cage ; Three Dances for two prepared pianos : II, John Cage : Works for Piano & Prepared Piano Vol. II (1944-1958), Joshua Pierce, Dorothy Jonas, John Cage ; Sonata No. 2, John Cage : Sonatas & Interludes for Prepared Piano, Joshua Pierce, John Cage (50s) – En tournée : du 4 au 7 février 2027 à la MC93 Bobigny.

Les jeudi 2 et vendredi 3 juillet 2026, espace Kiasma, Castelnau-Le-Lez (34) – dans le cadre du Festival Montpellier Danse – Agora-Cité Internationale de la Danse – Site :  www.agora-citeinternationaledeladanse.com – tél. : 04 67 60 83 60

In the brain

Shechter II, compagnie junior – chorégraphie et musique Hofesh Shechter – lumières Tom Visser – costumes Osnat Kelner – au Théâtre de la Ville / les Abbesses.

© Todd MacDonald

In the brain s’inspire d’une pièce plus courte, Cave, créée par Hofesh Shechter pour Martha Graham Company, le Studio Simkin et Sharing Space au City Center Dance Festival, à New York, en 2022, inspirée du monde de la nuit. Le chorégraphe garde l’énergie et l’idée de la fête comme expression populaire de la jeunesse qui se rassemble et s’exprime, l’approfondit et la développe jusqu’à la transe.

La Shechter II, compagnie junior, ce sont huit danseurs au talent confirmé, aux parcours et formations diverses, élus parmi mille deux cents candidats, qui se forment pendant trois mois auprès de Hofesh Shechter avant de partir pour neuf mois de tournée. La troupe se renouvelle tous les deux ans.  Dans In the brain les danseurs font communauté, se connectent les uns aux autres et créent leurs rituels, la musique les porte et les transcende et propose aux spectateurs une expérience sensorielle. De l’énergie circule sur le plateau et passe des danseurs aux spectateurs.

© Todd MacDonald

In the brain part du collectif pour aller vers l’individuel, du vent au vocal puis au rythme, de la pénombre au marquage de rayons au sol. On est dans le clair-obscur et quelque chose d’organique se dégage. L’énergie va crescendo au gré des variations de la lumière et du son et les solos dialoguent avec l’ensemble. Une chaîne se forme, se décompose, des groupes de trois puis quatre danseurs, se constituent tels des sculptures et sorte de caryatides.

Les lumières forment aussi un langage : après l’obscurité, les rayons projetés, une lumière blanche comme une fin du monde apparaît, qui vire au bleu et n’est pas sans évoquer le nucléaire. Une danse rituelle se met en place, un danseur s’avance au son des percussions, musique et danse montent jusqu’aux frontières de la transe. Le collectif se structure et se déstructure, quatre femmes apparaissent, suivies de deux hommes courbés, fantomatiques, puis de deux autres.

Il y a quelque chose de très expressif dans cette équipe Shechter II (Matilde Agostinone, Teige Bisnought, Nagga Baldina, Federica Fantuzi, Woojin Kwon, Armand Lassus, Skiye Nataliah, Ella Roberts). Ils sont le rythme même, le travail des bras est incessant, impressionnant. Ils s’assoient en demi-cercle, l’un danse, noir de peau, dans la dignité et l’énergie, jusqu’à l’épuisement, comme s’il portait tous les exils. Un second danseur prend le relais de cet exil, ensemble ils pleurent. Un chœur se meut dans une sorte de lamentation cérémonielle, de la solidarité circule. Puis la musique baisse, comme la lumière, le geste ralentit et se fait répétitif. Les danseurs invoquent le ciel, leurs mains sont papillons, ils se bouchent les oreilles et sortent, un à un. Un solo se poursuit tandis que la scène s’efface.

© Todd MacDonald

Hofesh Shechter, a débord travaillé au Royaume-Uni et fondé sa compagnie en 2008. À partir de 2010, il présente toutes ses œuvres au Théâtre de la Ville, à l’invitation d’Emmanuel Demarcy-Mota, son directeur. Il a également mis en scène et chorégraphié des pièces pour de grandes compagnies de danse internationales comme Alvin Ailey American Dance Theater, Batsheva Ensemble, Candoco Dance Company, Cedar Lake Contemporary Ballet, Nederlands Dans Theater 1, l’Opéra national de Paris, Royal Ballet et Royal Ballet Flanders, et travaillé comme chorégraphe pour le théâtre, la télévision et l’opéra. Hofesh Shechter est artiste associé au Sadler’s Wells et a été artiste en résidence auprès de Gauthier Dance de 2021 à 2023 et a reçu plusieurs prix. Il est aujourd’hui codirecteur avec Jann Gallois, Dominique Hervieu et Pierre Martinez, de l’Agora – Cité Internationale de la Danse, Montpellier Danse et du Centre Chorégraphique Occitanie.

Dans In the brain, les plis du cerveau, Hofesh Shechter célèbre l’énergie collective et élabore un rituel païen où la vie devient nuit et trépidations, rythmes et vibrations partagées.

Brigitte Rémer, le 14 avril 2026

© Todd MacDonald

Avec : Matilde Agostinone, Teige Bisnought, Nagga Baldina, Federica Fantuzi, Woojin Kwon, Armand Lassus, Skiye Nataliah, Ella Roberts. Direction artistique associée Bruno Guillore – collaboration son Frédéric Despierre – direction des répétitions pour la Shechter II Chien-Ming Chang et Yeji Kim – musique additionnelle CAVE par Hofesh Shechter et Âme (Kristian Beyer & Frank Wiedemann) avec l’aimable autorisation de Inner Visions – production Hofesh Shechter Company. commande Agora / Cité internationale de la Danse, Montpellier. En coproduction avec de nombreuses structures et avec le soutien de la Fondation BNP Paribas pour le développement de ses projets.

Du 1er au 25 avril 2026, à 20h, samedi 4 et 18 avril à 15h et 20h, dimanche 12 et samedi 25 avril à 15h, Théâtre de la Ville-Les Abbesses, rue des Abbesses – métro Abbesses et Pigalle – site : www.theatredelaville-paris.com – tél. : 01 42 74 22 77 – In the brain sera présenté le mercredi 24 juin à 22h, dans l’Amphi d’O au Domaine d’O de Montpellier, dans le cadre du Festival Montpellier Danse, site : www.agora-citeinternationaledeladanse.com – tél. : 04 67 60 83 60

Montpellier, on y danse !

La réunion des énergies et des imaginaires se concrétise avec la La 46ème édition du Festival Montpellier Danse – qui se déroulera du 20 juin au 4 juillet 2026 – pour à la fois garder l’esprit des lieux et tourner la page du fructueux travail réalisé de nombreuses années par Jean-Paul Montanari.

Les différentes structures chargées de la transmission et de la diffusion de la danse dans la ville de Montpellier – ville qui danse et qui laisse libre cours à la création – se sont rapprochées.  Ainsi l’Agora, Cité internationale de la Danse, rassemble Montpellier Danse et le Centre chorégraphique National Occitanie dans une direction nouvelle faisant figure de prototype, et qui se compose d’un quatuor : Jann Gallois, Dominique Hervieu, Pierre Martinez et Hofesh Shechter. Le nouveau président est un homme de culture, d’information et de communication, Emmanuel Hoog, auparavant président-directeur général de l’Institut National de l’Audiovisuel, et de l’Agence France-Presse. Autant dire que le générique est riche.

Ensemble, l’équipe a annoncé le lancement de la 46ème édition de Montpellier Danse, in-situ à Montpellier puis à Paris, Festival qui mettra la ville en fête du 20 juin au 4 juillet 2026. Montpellier Danse est soutenu principalement par Montpellier Métropole et Ville, la Région Occitanie, le ministère de la Culture et bénéficie du soutien de mécènes dont la Fondation BNP Paribas. De nombreux partenaires y participent.

In the brain, Hofesh Shechter © Todd MacDonald

En prélude au Festival, David Coria, figure majeure de l’avant-garde flamenca, présentera en création mondiale Babel Torre Viva les 11 et 12 juin, au Théâtre de la mer, à Sète, en partenariat avec le TMS et le Théâtre Molière Sète, scène nationale Archipel de Thau. Une semaine de danse dédiée aux pratiques amateurs Danse en amateur et répertoire en partenariat avec le Centre National de la Danse (CND de Pantin) suivra, ainsi qu’un symposium réunissant l’Université Paul-Valéry de Montpellier, le Bennington College situé au nord-est des États-Unis et L’Instituto del Teatro de Barcelone.

L’inauguration de Montpellier Danse se fera avec Histoires de danses, une vaste déambulation festive qui mettra en exergue les lieux de la danse dans la ville et les noms emblématiques qui ont traversé le Festival : Dominique Bagouet à travers un extrait de sa chorégraphie Jours étranges, interprétée par les élèves de la Cité des Arts, Le Saut de l’Ange et Dix Anges, réinventés in situ par Laurent Pichaud avec une partie des interprètes d’origine, Soapéra de Mathilde Monnier, 100% Polyester de Christian Rizzo. Fabrice Ramalingom dansera autour de l’esprit Dominique Bagouet et Trisha Brown, dont les œuvres ont marqué de nombreuses éditions du festival. Avec Histoires de danses la création contemporaine ne sera pas en reste : Salia Sanou présentera D’un lointain si proche, version augmentée de Si Loin si proche, où se croisent des artistes camerounais et français ; Hofesh Shechter présentera une variation autour de In the brain, actuellement en tournée dans sa belle énergie et qu’il reprendra en intégrale avec Shechter II au Domaine d’O, dirigera un stage international et échangera avec les artistes locaux ; Jann Gallois développera un solo extrait d’Impulsion ; Babx et Benjamin Chaval poseront leurs pas dans la mémoire des musiques de spectacles, emblématiques du Festival.

Cinq Jour au Soleil, d’Emanuel Gat © Julie Gat

Au cours de ce grand événement, Montpellier Danse 2026 met à l’affiche 59 représentations et 34 compagnies, internationales, régionales et nationales, représentant toutes les sensibilités de la danse. Pour n’en citer que quelques-uns : Dimitri Chamblas présentera en création mondiale deux solis : Ulysse et Marion, nés des conversations avec Ulysse Zangs, musicien, compositeur et danseur, et Marion Barbeau, danseuse et actrice, qui font remonter des souvenirs d’enfance ; dans son solo This is La mort, Zoé Lakhnati mêle toutes les personnes qui ont marqué son enfance ; Emmanuel Gat Dance présente au Corum Cinq jours au soleil sur la magnifique Symphonie n° 5 de Gustav Mahler ; Éric Minh Cuong Castaing, en collaboration avec Aloun Marchal et Marine Relinger présente Vision, un projet collaboratif avec des artistes mal-voyants et non-voyants ; Héla Fatoumi, en duo avec la danseuse tunisienne Sondos Belhassen présente Twama Paradise en création mondiale ; XY dans son écriture chorégraphique-acrobatique singulière présente Le Pas du monde ; Aurélien Bory, dans sa rencontre avec le musicien Thibaut Garcia et la danseuse Aure Wachter crée Sept larmes pour Elisabeth.

Imminentes, Jann Gallois © Pascale Cholette

 La liste est longue des artistes présentant leurs travaux et réflexions dans cette ardente édition de Montpellier Danse, danseurs et chorégraphes connus, ou moins connus. On y trouvera aussi : Armin Hokmi avec Bazm (répertoire), Lisbeth Gruwez et Maarten Van Cauwenberghe Voetlok avec Tempest, et avec Wasco ! Abby Z and the new utility, avec Radioactive practice ; Olga de Soto dans Une introduction (revisitée) ; François Lamargot dans Pulse ; Efthimios Moschopoulos, de Grèce, avec Fáe ; le Ballet national de Marseille (La) Horde avec Après moi, le déluge ; Serge Aimé Coulibaly et Vieux Farka Touré avec Back to Kidal dans une coproduction du Burkina Faso et de la Belgique ; l’artiste italienne Chiara Bersani qui fait de son corps-handicap un espace de vie et de création dans L’Animale ; Josef Nadj nous emmènera dans ses  Dialogues dans le rêve ; Katerina Andreou et Carte blanche, compagnie nationale de danse contemporaine de Norvège, présenteront How romantic.

En partenariat avec la ville de Montpellier, le collectif chorégraphique Mazelfreten invitera les Montpellierains place de l’Europe à un événement exceptionnel le vendredi 3 juillet, il leur racontera l’univers de la fête et de l’hypnose jusqu’au lâcher-prise, avec des extraits de Rave et de Lucid ; il sera le lendemain avec Hervé X au Domaine d’O pour un concert dans le cadre de Chaillot Expérience. Dans l’espace public Kader Attou et la Cellule d’excellence d’Epsedanse présentent Prélude (extrait) et Jann Gallois invite à In situ. Par ailleurs Les artistes du 46e Festival, inviteront les publics à s’initier à la danse au cours de Grandes leçons de danse qui sont aussi des moments de convivialité et de partage. Parallèlement à l’action, la réflexion suivra son cours avec des rencontres professionnelles autour des enjeux de la société d’aujourd’hui en termes de diversité, démocratie et solidarité en Art, avec l’association des Centres chorégraphiques nationaux, l’Onda, le Syndeac, l’Aerowaves et le Bennington College.

How Romantic, Katerina Androu © Oystein Haara

Au-delà de la richesse de la programmation on notera sa pertinence dans le cadre du dialogue avec la ville de Montpellier et ses habitants, les différents lieux culturels de la ville dont le Domaine d’O, en coopération avec son projet , le lien avec les territoires d’Occitanie entre autres Sète. Par ailleurs l’Agora-Cité internationale de la Danse, ouvrira en septembre 2026 une nouvelle formation aux jeunes artistes chorégraphiques de tous styles, autodidactes qui n’ont pas bénéficié de formations académiques, Boost, en vue notamment de favoriser leur insertion dans le milieu professionnel de la danse. Elle propose par ailleurs l’unique formation en France de niveau master, le Master Exerce / Études chorégraphiques – Recherche et Représentation réalisé en partenariat avec l’Université Paul-Valéry de Montpellier. À Montpellier les projets culturels et artistiques de haut niveau foisonnent. Rendez-vous, à partir du 20 juin pour cette 46ème édition du Montpellier Danse !

Brigitte Rémer, le 10 avril 2026

Festival Montpellier Danse, du 20 juin au 4 juillet 2026 : Agora-Cité internationale de la Danse, Montpellier Danse + Centre chorégraphique National Occitanie, 2 boulevard Louis Blanc. 34000. Montpellier – site : agora-citeinternationaledeladanse.com – tél. : 04 67 60 83 60. La billetterie est ouverte.