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In the brain

Shechter II, compagnie junior – chorégraphie et musique Hofesh Shechter – lumières Tom Visser – costumes Osnat Kelner – au Théâtre de la Ville / les Abbesses.

© Todd MacDonald

In the brain s’inspire d’une pièce plus courte, Cave, créée par Hofesh Shechter pour Martha Graham Company, le Studio Simkin et Sharing Space au City Center Dance Festival, à New York, en 2022, inspirée du monde de la nuit. Le chorégraphe garde l’énergie et l’idée de la fête comme expression populaire de la jeunesse qui se rassemble et s’exprime, l’approfondit et la développe jusqu’à la transe.

La Shechter II, compagnie junior, ce sont huit danseurs au talent confirmé, aux parcours et formations diverses, élus parmi mille deux cents candidats, qui se forment pendant trois mois auprès de Hofesh Shechter avant de partir pour neuf mois de tournée. La troupe se renouvelle tous les deux ans.  Dans In the brain les danseurs font communauté, se connectent les uns aux autres et créent leurs rituels, la musique les porte et les transcende et propose aux spectateurs une expérience sensorielle. De l’énergie circule sur le plateau et passe des danseurs aux spectateurs.

© Todd MacDonald

In the brain part du collectif pour aller vers l’individuel, du vent au vocal puis au rythme, de la pénombre au marquage de rayons au sol. On est dans le clair-obscur et quelque chose d’organique se dégage. L’énergie va crescendo au gré des variations de la lumière et du son et les solos dialoguent avec l’ensemble. Une chaîne se forme, se décompose, des groupes de trois puis quatre danseurs, se constituent tels des sculptures et sorte de caryatides.

Les lumières forment aussi un langage : après l’obscurité, les rayons projetés, une lumière blanche comme une fin du monde apparaît, qui vire au bleu et n’est pas sans évoquer le nucléaire. Une danse rituelle se met en place, un danseur s’avance au son des percussions, musique et danse montent jusqu’aux frontières de la transe. Le collectif se structure et se déstructure, quatre femmes apparaissent, suivies de deux hommes courbés, fantomatiques, puis de deux autres.

Il y a quelque chose de très expressif dans cette équipe Shechter II (Matilde Agostinone, Teige Bisnought, Nagga Baldina, Federica Fantuzi, Woojin Kwon, Armand Lassus, Skiye Nataliah, Ella Roberts). Ils sont le rythme même, le travail des bras est incessant, impressionnant. Ils s’assoient en demi-cercle, l’un danse, noir de peau, dans la dignité et l’énergie, jusqu’à l’épuisement, comme s’il portait tous les exils. Un second danseur prend le relais de cet exil, ensemble ils pleurent. Un chœur se meut dans une sorte de lamentation cérémonielle, de la solidarité circule. Puis la musique baisse, comme la lumière, le geste ralentit et se fait répétitif. Les danseurs invoquent le ciel, leurs mains sont papillons, ils se bouchent les oreilles et sortent, un à un. Un solo se poursuit tandis que la scène s’efface.

© Todd MacDonald

Hofesh Shechter, a débord travaillé au Royaume-Uni et fondé sa compagnie en 2008. À partir de 2010, il présente toutes ses œuvres au Théâtre de la Ville, à l’invitation d’Emmanuel Demarcy-Mota, son directeur. Il a également mis en scène et chorégraphié des pièces pour de grandes compagnies de danse internationales comme Alvin Ailey American Dance Theater, Batsheva Ensemble, Candoco Dance Company, Cedar Lake Contemporary Ballet, Nederlands Dans Theater 1, l’Opéra national de Paris, Royal Ballet et Royal Ballet Flanders, et travaillé comme chorégraphe pour le théâtre, la télévision et l’opéra. Hofesh Shechter est artiste associé au Sadler’s Wells et a été artiste en résidence auprès de Gauthier Dance de 2021 à 2023 et a reçu plusieurs prix. Il est aujourd’hui codirecteur avec Jann Gallois, Dominique Hervieu et Pierre Martinez, de l’Agora – Cité Internationale de la Danse, Montpellier Danse et du Centre Chorégraphique Occitanie.

Dans In the brain, les plis du cerveau, Hofesh Shechter célèbre l’énergie collective et élabore un rituel païen où la vie devient nuit et trépidations, rythmes et vibrations partagées.

Brigitte Rémer, le 14 avril 2026

© Todd MacDonald

Avec : Matilde Agostinone, Teige Bisnought, Nagga Baldina, Federica Fantuzi, Woojin Kwon, Armand Lassus, Skiye Nataliah, Ella Roberts. Direction artistique associée Bruno Guillore – collaboration son Frédéric Despierre – direction des répétitions pour la Shechter II Chien-Ming Chang et Yeji Kim – musique additionnelle CAVE par Hofesh Shechter et Âme (Kristian Beyer & Frank Wiedemann) avec l’aimable autorisation de Inner Visions – production Hofesh Shechter Company. commande Agora / Cité internationale de la Danse, Montpellier. En coproduction avec de nombreuses structures et avec le soutien de la Fondation BNP Paribas pour le développement de ses projets.

Du 1er au 25 avril 2026, à 20h, samedi 4 et 18 avril à 15h et 20h, dimanche 12 et samedi 25 avril à 15h, Théâtre de la Ville-Les Abbesses, rue des Abbesses – métro Abbesses et Pigalle – site : www.theatredelaville-paris.com – tél. : 01 42 74 22 77 – In the brain sera présenté le mercredi 24 juin à 22h, dans l’Amphi d’O au Domaine d’O de Montpellier, dans le cadre du Festival Montpellier Danse, site : www.agora-citeinternationaledeladanse.com – tél. : 04 67 60 83 60

Montpellier, on y danse !

La réunion des énergies et des imaginaires se concrétise avec la La 46ème édition du Festival Montpellier Danse – qui se déroulera du 20 juin au 4 juillet 2026 – pour à la fois garder l’esprit des lieux et tourner la page du fructueux travail réalisé de nombreuses années par Jean-Paul Montanari.

Les différentes structures chargées de la transmission et de la diffusion de la danse dans la ville de Montpellier – ville qui danse et qui laisse libre cours à la création – se sont rapprochées.  Ainsi l’Agora, Cité internationale de la Danse, rassemble Montpellier Danse et le Centre chorégraphique National Occitanie dans une direction nouvelle faisant figure de prototype, et qui se compose d’un quatuor : Jann Gallois, Dominique Hervieu, Pierre Martinez et Hofesh Shechter. Le nouveau président est un homme de culture, d’information et de communication, Emmanuel Hoog, auparavant président-directeur général de l’Institut National de l’Audiovisuel, et de l’Agence France-Presse. Autant dire que le générique est riche.

Ensemble, l’équipe a annoncé le lancement de la 46ème édition de Montpellier Danse, in-situ à Montpellier puis à Paris, Festival qui mettra la ville en fête du 20 juin au 4 juillet 2026. Montpellier Danse est soutenu principalement par Montpellier Métropole et Ville, la Région Occitanie, le ministère de la Culture et bénéficie du soutien de mécènes dont la Fondation BNP Paribas. De nombreux partenaires y participent.

In the brain, Hofesh Shechter © Todd MacDonald

En prélude au Festival, David Coria, figure majeure de l’avant-garde flamenca, présentera en création mondiale Babel Torre Viva les 11 et 12 juin, au Théâtre de la mer, à Sète, en partenariat avec le TMS et le Théâtre Molière Sète, scène nationale Archipel de Thau. Une semaine de danse dédiée aux pratiques amateurs Danse en amateur et répertoire en partenariat avec le Centre National de la Danse (CND de Pantin) suivra, ainsi qu’un symposium réunissant l’Université Paul-Valéry de Montpellier, le Bennington College situé au nord-est des États-Unis et L’Instituto del Teatro de Barcelone.

L’inauguration de Montpellier Danse se fera avec Histoires de danses, une vaste déambulation festive qui mettra en exergue les lieux de la danse dans la ville et les noms emblématiques qui ont traversé le Festival : Dominique Bagouet à travers un extrait de sa chorégraphie Jours étranges, interprétée par les élèves de la Cité des Arts, Le Saut de l’Ange et Dix Anges, réinventés in situ par Laurent Pichaud avec une partie des interprètes d’origine, Soapéra de Mathilde Monnier, 100% Polyester de Christian Rizzo. Fabrice Ramalingom dansera autour de l’esprit Dominique Bagouet et Trisha Brown, dont les œuvres ont marqué de nombreuses éditions du festival. Avec Histoires de danses la création contemporaine ne sera pas en reste : Salia Sanou présentera D’un lointain si proche, version augmentée de Si Loin si proche, où se croisent des artistes camerounais et français ; Hofesh Shechter présentera une variation autour de In the brain, actuellement en tournée dans sa belle énergie et qu’il reprendra en intégrale avec Shechter II au Domaine d’O, dirigera un stage international et échangera avec les artistes locaux ; Jann Gallois développera un solo extrait d’Impulsion ; Babx et Benjamin Chaval poseront leurs pas dans la mémoire des musiques de spectacles, emblématiques du Festival.

Cinq Jour au Soleil, d’Emanuel Gat © Julie Gat

Au cours de ce grand événement, Montpellier Danse 2026 met à l’affiche 59 représentations et 34 compagnies, internationales, régionales et nationales, représentant toutes les sensibilités de la danse. Pour n’en citer que quelques-uns : Dimitri Chamblas présentera en création mondiale deux solis : Ulysse et Marion, nés des conversations avec Ulysse Zangs, musicien, compositeur et danseur, et Marion Barbeau, danseuse et actrice, qui font remonter des souvenirs d’enfance ; dans son solo This is La mort, Zoé Lakhnati mêle toutes les personnes qui ont marqué son enfance ; Emmanuel Gat Dance présente au Corum Cinq jours au soleil sur la magnifique Symphonie n° 5 de Gustav Mahler ; Éric Minh Cuong Castaing, en collaboration avec Aloun Marchal et Marine Relinger présente Vision, un projet collaboratif avec des artistes mal-voyants et non-voyants ; Héla Fatoumi, en duo avec la danseuse tunisienne Sondos Belhassen présente Twama Paradise en création mondiale ; XY dans son écriture chorégraphique-acrobatique singulière présente Le Pas du monde ; Aurélien Bory, dans sa rencontre avec le musicien Thibaut Garcia et la danseuse Aure Wachter crée Sept larmes pour Elisabeth.

Imminentes, Jann Gallois © Pascale Cholette

 La liste est longue des artistes présentant leurs travaux et réflexions dans cette ardente édition de Montpellier Danse, danseurs et chorégraphes connus, ou moins connus. On y trouvera aussi : Armin Hokmi avec Bazm (répertoire), Lisbeth Gruwez et Maarten Van Cauwenberghe Voetlok avec Tempest, et avec Wasco ! Abby Z and the new utility, avec Radioactive practice ; Olga de Soto dans Une introduction (revisitée) ; François Lamargot dans Pulse ; Efthimios Moschopoulos, de Grèce, avec Fáe ; le Ballet national de Marseille (La) Horde avec Après moi, le déluge ; Serge Aimé Coulibaly et Vieux Farka Touré avec Back to Kidal dans une coproduction du Burkina Faso et de la Belgique ; l’artiste italienne Chiara Bersani qui fait de son corps-handicap un espace de vie et de création dans L’Animale ; Josef Nadj nous emmènera dans ses  Dialogues dans le rêve ; Katerina Andreou et Carte blanche, compagnie nationale de danse contemporaine de Norvège, présenteront How romantic.

En partenariat avec la ville de Montpellier, le collectif chorégraphique Mazelfreten invitera les Montpellierains place de l’Europe à un événement exceptionnel le vendredi 3 juillet, il leur racontera l’univers de la fête et de l’hypnose jusqu’au lâcher-prise, avec des extraits de Rave et de Lucid ; il sera le lendemain avec Hervé X au Domaine d’O pour un concert dans le cadre de Chaillot Expérience. Dans l’espace public Kader Attou et la Cellule d’excellence d’Epsedanse présentent Prélude (extrait) et Jann Gallois invite à In situ. Par ailleurs Les artistes du 46e Festival, inviteront les publics à s’initier à la danse au cours de Grandes leçons de danse qui sont aussi des moments de convivialité et de partage. Parallèlement à l’action, la réflexion suivra son cours avec des rencontres professionnelles autour des enjeux de la société d’aujourd’hui en termes de diversité, démocratie et solidarité en Art, avec l’association des Centres chorégraphiques nationaux, l’Onda, le Syndeac, l’Aerowaves et le Bennington College.

How Romantic, Katerina Androu © Oystein Haara

Au-delà de la richesse de la programmation on notera sa pertinence dans le cadre du dialogue avec la ville de Montpellier et ses habitants, les différents lieux culturels de la ville dont le Domaine d’O, en coopération avec son projet , le lien avec les territoires d’Occitanie entre autres Sète. Par ailleurs l’Agora-Cité internationale de la Danse, ouvrira en septembre 2026 une nouvelle formation aux jeunes artistes chorégraphiques de tous styles, autodidactes qui n’ont pas bénéficié de formations académiques, Boost, en vue notamment de favoriser leur insertion dans le milieu professionnel de la danse. Elle propose par ailleurs l’unique formation en France de niveau master, le Master Exerce / Études chorégraphiques – Recherche et Représentation réalisé en partenariat avec l’Université Paul-Valéry de Montpellier. À Montpellier les projets culturels et artistiques de haut niveau foisonnent. Rendez-vous, à partir du 20 juin pour cette 46ème édition du Montpellier Danse !

Brigitte Rémer, le 10 avril 2026

Festival Montpellier Danse, du 20 juin au 4 juillet 2026 : Agora-Cité internationale de la Danse, Montpellier Danse + Centre chorégraphique National Occitanie, 2 boulevard Louis Blanc. 34000. Montpellier – site : agora-citeinternationaledeladanse.com – tél. : 04 67 60 83 60. La billetterie est ouverte.