Archives de catégorie : Politiques culturelles, Recherche

Jack Ralite, humaniste et homme de culture

On ne peut quitter l’année 2017 sans évoquer la disparition de Jack Ralite le 12 novembre 2017, grande personnalité des milieux artistiques et culturels, figure de référence pour la politique culturelle en France.

Né le 14 mai 1928 à Châlons-sur-Marne, il avait adhéré au Parti Communiste dans l’après-guerre, en 1947. Ses mandats politiques l’avaient conduit à être député PCF pour la Seine-Saint-Denis, de 1973 à 1981. Dans le Gouvernement Mauroy sous la Présidence Mitterrand, il fut ministre de la santé, puis en 1983/84, ministre délégué à l’emploi. Il fut Maire d’Aubervilliers de 1984 à 2003, puis passa la main, l’habit d’élu local lui allait bien, la ville garde son empreinte. Il fut sénateur de 1995 à 2011. « Le local, c’est l’universel sans les murs » disait-il, reprenant les paroles de Torga.

S’il ne fut pas ministre de la Culture, Jack Ralite s’engagea, prit la parole et la défense de la création et des artistes, de la liberté intellectuelle. Il rassembla, en 1987, les Etats Généraux de la Culture, après avoir lancé une pétition contre la marchandisation de la culture, au moment où TF1 se privatisait et où la cinquième, Canal + et M6, trois chaines privées, se créaient. La mobilisation du milieu artistique fut immédiate et des réunions de réflexion eurent lieu dans tous les théâtres de l’Hexagone. Le rassemblement fédérateur s’est fait au Zénith de Paris, le 16 novembre 1987. La lecture de la Déclaration des Droits de la Culture, fondatrice des Etats Généraux, fut énoncée devant une salle comble. Le mouvement s’est ensuite exporté partout dans le monde, et Jack Ralite en a assuré l’animation pendant trente ans. Ardent défenseur de l’exception culturelle, son combat, il l’a faite inscrire dans les accords généraux sur les services de l’Organisation Mondiale du Commerce.

Dans la Préface de Cultures au Faubourg, actes des rencontres qui marquaient dix ans de la Formation Internationale Culture, publiés en 2004, Jack Ralite reprenait les mots d’Hölderlin « quand il parlait des traductions et qu’il soulignait qu’elles mêlaient l’apprentissage du propre et l’épreuve de l’étranger. C’est une métaphore heureuse de l’idée qu’il faut en finir avec les différences indifférentes aux autres différences.» Evoquant cette assemblée de francophones, invités du ministère de la Culture au titre de la formation et de la comparaison des savoir-faire dans le domaine des politiques culturelles, il parlait de « mêlée des cultures qui par-delà leurs tensions vibrantes, cherchent une harmonie, c’est-à-dire un vrai pluralisme, pas celui du statu quo, mais celui du mouvement, ce que d’aucuns appellent la diversité culturelle.» Et il poursuit : « Ceci dit, c’était beaucoup plus riche que la diversité culturelle, expression qui renvoie trop à la diversité commerciale prônée par les grandes affaires des industries culturelles financiarisées et qu’un homme d’affaire français, égaré, porta au pinacle en se targuant d’enfoncer la notion d’exception culturelle dont le cœur est que le monde marchand ne peut pas être le régulateur impitoyable et sans rivages de ce qui touche à l’essentiel de la vie des hommes : la culture, les cultures, l’art, les arts. Il y a déjà longtemps qu’Octavio Paz nous avait averti : Le marché est efficace, soit, mais il n’a ni conscience ni miséricorde. Or nous sommes, nous voulons être des sociétés de conscience. »

Grand penseur et grand humaniste, Jack Ralite était pétri de nombreuses références qui le mettaient, et qu’il mettait, en action et en pensée. Il défendait avec acharnement les concepts de Liberté, Egalité et Fraternité, luttait contre l’exclusion, s’engageait pour plus de justice. Il reste une chaise vide autour de la table.

Brigitte Rémer, le 3 janvier 2018

 

La désacralisation de l’espace théâtral

© BR

Un colloque international s’est tenu à Kairouan (Tunisie) en sa première édition, les 30 et 31 mars 2017, au Centre National des Arts Dramatiques et Scéniques, sur le thème : La désacralisation de l’espace théâtral.

En partenariat avec l’Unité de recherche de l’Institut Supérieur des Beaux-arts de Sousse, le Centre National des Arts Dramatiques et Scéniques de Kairouan que dirige M. Hamadi Louheibi, acteur et metteur en scène, a réuni des chercheurs et praticiens venant de Tunisie, d’Egypte, d’Espagne et de France autour du thème : La désacralisation de l’espace théâtral. Les maîtres d’œuvre et maîtres d’ouvrage, deux jeunes chercheurs en art du spectacle et scénographes, Mme Hanène Othmani et M. Fathi Rached, membres du CIRRAS – Centre International de Réflexion et de Recherche sur les Arts du Spectacle – ainsi qu’un jeune réalisateur enseignant chercheur en littérature et cinéma, M. Malek Ouakaoui, ont conçu et réalisé la manifestation.

Cette rencontre s’inscrivait dans le cadre du Symposium des théâtres organisé pour la seconde fois à Kairouan par le Centre des Arts, mini festival qui programme des spectacles venant de différents pays, pendant une semaine. Un appel d’offre avait été lancé aux écoles d’art de Tunisie, proposant des bourses pour la prise en charge d’étudiants qui souhaitaient participer au colloque. Une douzaine se sont joints aux débats.

Plus l’on réfléchit à la question de La désacralisation de l’espace théâtral et plus l’objet échappe. Il semble aussi volatile que la représentation théâtrale elle-même dont les traces s’estompent au fil du temps et de la mémoire. Parle-t-on de l’espace de jeu, du plateau ? Evoque-t-on le public, le lieu où se déroule la représentation, dans sa configuration scène-salle ? Pose-t-on la question de l’acte théâtral, son contenu, ses langages ?

Chaque intervenant a apporté sa réponse et ses interrogations dans les différents domaines du théâtre, de la danse, du cinéma, de la littérature et du numérique, au cours de cinq tables rondes.

Du côté du théâtre, Sana Mahroug Mhibik, enseignante à l’Université Paris 13 a partagé ses Réflexions sur les aspects théâtraux dans Les Cerbères, de Mohamed Khair-Eddine, un des plus grands auteurs de la littérature marocaine, sorte d’Artaud maghrébin ; Hanène Othmani a évoqué Godot transplanté par Mohamed Kaouti le fondateur du théâtre marocain, sous l’intitulé : Quand Godot devient Sidna Kdar ; Ezzedine Abbassi professeur à l’Institut Supérieur des Arts Dramatiques de Tunis, a lancé une réflexion sur le thème Espace sacré et Espace profane à travers l’exemple d’Œdipe-Roi, faisant référence à Jean-Pierre Vernant et à Tawfiq al-Hakim. Mohamed Hedi Farhani, professeur à l’Université de Kairouan a mis en exergue, d’Adam à Œdipe, la dualité entre le sacré et l’impur, l’ombre et la lumière ; A partir des mots de Roland Barthes « Car ce que la scène fermée supprime, c’est un travail, c’est une liberté » Brigitte Rémer a parlé de décentrement selon Tadeusz Kantor et d’Espace vide selon Peter Brook, des passeurs de cultures entre l’Europe et l’Afrique et des niches de création que sont les friches industrielles et les arts de la rue ; Fathi Rached, a parlé du Spectacle Arab, du Nouveau Théâtre : quand la fuite devient un acte constructeur, co-mis en scène en 1986 par Fadhel Jaïbi et Fadhel Jaziri, dans la Cathédrale Saint-Louis de Carthage ; Olfa Bouassida Souli, enseignante à l’Institut des Beaux-Arts de Sousse a analysé L’espace scénique chez Ariane Mnouchkine : forme et enjeux, et la place du public, juge, complice et critique, dans son spectacle 1789.

Du côté de la danse Carolane Sanchez a évoqué une Cartographie Flamenca : espace et mutations autour du poids de la tradition lié au poids de la religion. Du côté du cinéma, Maha Gad El Hak, professeur à l’Université du Caire, en Egypte, a parlé de L’Espace dans le film Rough stage à partir de l’analyse d’images sur un jeune danseur palestinien préparant un concours de danse contemporaine avec pour partenaire une juive estonienne, à contre courant des volontés de sa famille ; Malek Ouakaoui a présenté son travail sur L’esthétique cinématographique ou l’affranchissement des lois théâtrales, se référant à L’Art poétique de Boileau, à la question du rythme, et à Méliès, homme de théâtre autant que cinéaste, dans sa pensée d’un plan et dans le placement très frontal de la caméra.

Du côté de la littérature, Dorsaf Ben Essid, assistante à l’Université de Kef a évoqué l’inscription du théâtre dans l’œuvre de Pierre Loti à partir de son premier roman, Aziyadé, dont l’action se déroule en Turquie, parlant de transgression, et de la figure de Karagöz comme moyen de subversion, et du côté du numérique, Soumaya Haj Amor, de l’Institut des Beaux-arts de Sousse, a présenté La posture de l’acteur dans le théâtre numérique : enjeux et esthétique. »

Chaque table ronde a remis en débat cette notion de désacralisation de l’espace, qui cherche autour des concepts de profanation, subversion, transgression, déconstruction et illusion, mais qui s’en détache. La construction de la théâtralité se fait-elle par l’implosion du lieu théâtral ? Entre abri, édifice ou tréteaux, comment raconter l’histoire de notre temps ? Quelle frontière entre univers réel et univers onirique ? A la multiplicité de questions engendrées par le thème, cette première édition, prometteuse, a tenté d’apporter des réponses.

Brigitte Rémer, le 18 avril 2017

Centre National des Arts Dramatiques et Scéniques de Kairouan. Tél. : + 216 772 365 52 – Contacts : fethi.benrached@yahoo.frhanene_othmani@yahoo.fr

 

 

La langue française, une passion en commun

Audrey Azoulay
© MCC-Elisa Haberer

À l’initiative du ministère de la Culture et de la Communication, la Semaine de la langue française et de la Francophonie invite chaque année les amoureux des mots à célébrer la richesse de notre langue. Organisée autour du 20 mars, date de la Journée internationale de la Francophonie, la 22e édition de la Semaine se tiendra du 18 au 26 mars 2017. Son intitulé : La langue française, une passion en commun.

1500 événements en France et à l’étranger, 70 pays participants, plus de 100 villes et villages partenaires, 200 librairies participantes, 12 éditeurs partenaires.

Audrey Azoulay, ministre de la Culture et de la Communication, introduit la Semaine : « Depuis plus de vingt ans, la Semaine de la langue française et de la Francophonie offre au grand public une occasion de fêter la richesse et la diversité de notre patrimoine linguistique. Avec un public toujours plus nombreux et plus de mille cinq cents manifestations, la Semaine est désormais un rendez-vous culturel régulier des amoureux des mots, en France comme à l’étranger.

Pour le ministère de la Culture et de la Communication comme pour tous les partenaires associés, la Semaine de la langue française et de la Francophonie favorise, autour de la langue française, la consolidation du lien social et le partage de valeurs républicaines.

Cet objectif de partage est illustré par de nombreuses initiatives qui mêlent à la fois culture, convivialité, événements festifs et pédagogiques. Du 18 au 26 mars prochains, des spectacles, concerts, lectures, matchs d’improvisation, ateliers d’écriture, conférences, présenteront en effet la langue française sous un angle ludique et inventif. Cette année encore, j’ai souhaité que le ministère de la Culture et de la Communication accueille rue de Valois plusieurs temps forts à destination des scolaires et du grand public.

Je souhaite souligner la qualité des initiatives des librairies qui mettent à l’honneur des ouvrages consacrés aux mots et expressions de la langue française et convient le public à des rencontres avec les auteurs. Je me réjouis également de la reconduction de la Journée de la langue française dans les médias audiovisuels, mise en place par le Conseil supérieur de l’audiovisuel pour promouvoir l’usage et le respect du français.

Je tiens à remercier chaleureusement tous les partenaires et intervenants qui font le succès de cette manifestation, et en premier lieu les différents acteurs éducatifs, sociaux et culturels qui participent durant toute l’année à l’opération de sensibilisation à la langue française Dis-moi dix mots. Je salue enfin les collectivités territoriales partenaires, qui contribuent à l’organisation de cette manifestation dans toute la France.

Je souhaite que la 22e édition de la Semaine de la langue française et de la Francophonie soit pour tous les Français et tous les francophones à travers le monde, l’occasion d’échanges et de rencontres autour de ce bien commun, source de création et de réflexion, sans lequel il ne peut y avoir d’appartenance à la société et d’adhésion aux valeurs de la République. »

Le dossier de présentation de la Semaine précise la priorité donnée au numérique : « Cette année, la Semaine de la langue française et de la Francophonie célèbre le français sur la toile. Plutôt email ou courriel ? Uploader ou télécharger ? Pour sa 22e édition, la Semaine met à l’honneur le numérique et invite à s’approprier les mots et expressions issus du monde virtuel. Car si le français moderne est parlé et écrit depuis le XVIIe siècle, il est en constante évolution, s’adaptant aux contextes et usages technologiques, s’enrichissant de sens nouveaux, sans qu’il soit nécessaire d’emprunter à une autre langue.

Pour incarner cette thématique, il fallait une personnalité à la fois passionnée de langue française et adepte des nouvelles technologies. Qui d’autre que Bernard Pivot, gazouilleur chevronné sur Twitter, comme il se définit lui-même, pour parrainer cette édition ? Si l’on ne peut pas tout dire sur la Toile, tout peut se dire en français ! »

Qu’on se le dise !

Brigitte Rémer, 14 mars 2017

Du 18 au 26 mars 2017 http://semainelanguefrancaise.culturecommunication.gouv.fr

http://semainelanguefrancaise.culturecommunication.gouv.fr/L-evenement/Les-mots-du-numerique#.WMemMQxxgLY.twitter

 

La culture en Palestine

© Nabil Boutros

Table ronde au Théâtre des Quartiers d’Ivry-Centre dramatique national du Val-de-Marne, à la Manufacture des Œillets, en présence de Leila Shahid ancienne déléguée générale de l’Autorité palestinienne en France et ex-ambassadrice de la Palestine auprès de l’Union européenne.

C’est une grande dame qui a été reçue à la Manufacture des Œillets pour échanger avec le public sur le thème de La Culture en Palestine. Le Théâtre National Palestinien y présente actuellement dans la grande salle, La Fabrique, Des Roses et du Jasmin pièce d’Adel Hakim, après avoir joué Antigone. Cela s’inscrit dans le cadre du partenariat développé depuis six ans entre les deux entités, le Théâtre des Quartiers d’Ivry et le Théâtre National Palestinien. Les acteurs sont dans la salle, à côté du public. Autour de la table : Elisabeth Chailloux, metteuse en scène et codirectrice du Théâtre des Quartiers d’Ivry avec Adel Hakim, metteur en scène des deux spectacles, Mohamed Kacimi auteur et dramaturge. Ce dernier lira à la fin de la rencontre des extraits de son Journal, écrit lors de la création à Jérusalem Est de Des Roses et du Jasmin.

Lumineuse et combative seraient les mots qui caractériseraient le mieux Leïla Shahid. Née à Beyrouth dans une éminente famille palestinienne, elle n’a eu de cesse de défendre, par la réflexion et le dialogue, la cause de son pays en construction. Diplomate hors pair, elle y a notamment travaillé à partir de 1989 à la demande de Yasser Arafat, après le début de la première intifada. Elle fut la première représentante palestinienne féminine. Elle a mené ses combats comme représentante de l’OLP depuis l’Irlande, les Pays-bas et le Danemark jusqu’en 1994, puis comme déléguée générale de l’Autorité Palestinienne en France pendant une dizaine d’années, et comme ambassadrice de la Palestine auprès de l’Union européenne, de la Belgique et du Luxembourg à Bruxelles jusqu’en 2015, traversant espoirs et déceptions. Cette période historique parlait d’optimisme, surtout après la signature des Accords d’Oslo en 1993 par Yasser Arafat et Yitzhak Rabin sous l’égide de Bill Clinton, grâce au travail mené par le ministre des Affaires Etrangères Israélien Shimon Peres, Prix Nobel de la Paix.

En introduction Leïla Shahid évoque le livre de sa mère, Sirine Husseini Shahid, Souvenir de Jérusalem, portrait de sa famille, palestinienne, installée à Jérusalem depuis plusieurs siècles et contrainte en 1936 de prendre la route de l’exil. Puis elle propose un parcours qui prend pour repères le théâtre et la littérature, formes de résistance à l’obscurantisme, avant de donner ses positions dans le conflit israélo-palestinien. Très proche de Mahmoud Darwich et de Jean Genet, elle parlera longuement de l’un et de l’autre. Donnant lecture de quelques passages, elle reconnait qu’en leur absence, l’écriture est la seule chose qui reste, que leur parole, sous quelque forme qu’elle fut – pièces, poèmes, romans ou autres – aide à vivre. Elle annonce la création d’une chaire Mahmoud Darwich à Bruxelles, la première dans le monde francophone qui a pour objectif la traduction, l’édition, la mise en scène à partir de l’œuvre du poète qui a mis en mots son exil intérieur, et à partir de la poésie arabe. Elle donne lecture d’un extrait du dernier recueil publié avant sa mort, La Trace du papillon, intitulé Si nous le voulons, traduit, comme toute l’œuvre, par Elias Sanbar : « Nous serons un peuple, si nous le voulons, lorsque nous saurons que nous ne sommes pas des anges et que le mal n’est pas l’apanage des autres. Nous serons un peuple lorsque nous ne dirons pas une prière d’actions de grâce à la patrie sacrée chaque fois que le pauvre aura trouvé de quoi dîner. Nous serons un peuple lorsque nous insulterons le sultan et le chambellan du sultan, sans être jugés (…) Nous serons un peuple lorsque nous respecterons la justesse et que nous respecterons l’erreur. »

Leïla Shahid parle ensuite de Jean Genet qui l’avait accompagnée à Beyrouth en septembre 1982 au moment où, le 16 septembre, eurent lieu les massacres de Sabra et Chatila. Entré dans les camps quelques jours après, il écrira Quatre heures à Chatila où il mêle le souvenir des six mois passés dans les camps palestiniens avec les feddayin dix ans avant : « Israël s’était engagé devant le représentant américain, Habib, à ne pas mettre les pieds à Beyrouth-Ouest et surtout à respecter les populations civiles des camps palestiniens. Arafat a encore la lettre par laquelle Reagan lui fait la même promesse. Habib aurait promis à Arafat la libération de neuf mille prisonniers en Israël. Jeudi les massacres de Chatila et Sabra commencent… » Alain Milianti avait présenté un spectacle à partir de ce récit, au Volcan maison de la culture du Havre, en 1991 ainsi qu’à l’Odéon-Théâtre de l’Europe. Dans Le Captif amoureux, Genet écrit aussi un étrange journal de bord de ses années passées au Moyen-Orient parmi les Palestiniens : « Avant d’y arriver, je savais que ma présence au bord du Jourdain, sur les bases palestiniennes, ne serait jamais clairement dite : j’avais accueilli cette révolte de la même façon qu’un oreille musicienne reconnaît la note juste. Souvent hors de la tente, je dormais sous les arbres, et je regardais la Voie lactée très proche derrière les branches. En se déplaçant la nuit, sur l’herbe et sur les feuilles, les sentinelles en armes ne faisaient aucun bruit. Leurs silhouettes voulaient se confondre avec les troncs d’arbres. Elles écoutaient. Ils, elles, les sentinelles… »

Lorsqu’elle aborde le conflit israélo-palestinien Leïla Shahid définit le fait que chacun est inscrit dans une généalogie et que cela n’empêche pas de construire son destin. Elle prend à témoin les acteurs dans la salle, eux qui n’ont connu que l’occupation, parle de ce qui fait mal, et reconnaît que les plus grandes blessures dépendent de là où l’on se place. Pour les Palestiniens, Jérusalem est de fait une ville occupée, annexée, où les lois israéliennes s’appliquent et où ils ne sont que résidents dans leur propre ville. Elle qualifie ce conflit de tragédie grecque mettant face à face deux frères jumeaux qui s’autodétruisent et parle de nettoyage ethnique pour définir la Nakba, ce moment de 1948 où les populations palestiniennes furent contraintes à l’exil alors que la coexistence était réelle entre juifs, chrétiens et musulmans. Puis la discussion a posé la question de l’altérité. On se définit soi-même par l’altérité dit-elle. Et l’un des acteurs précise : « Celui qui vit l’occupation ne parvient pas à voir l’humanité du citoyen Israélien qui lui, en un clin d’œil, peut  se transformer en soldat de l’armée d’occupation. Je n’ai pas la possibilité de voir l’Israélien, comme un Autre. »

Leïla Shahid met encore le projecteur sur la disparition du mot Palestinien dans la presse internationale, souvent remplacé par le concept de réfugiés arabes et le regrette vivement, constatant la banalisation du conflit par une utilisation de l’image à outrance, qui déforme jusqu’à en perdre le sens. Pour elle, l’Europe a sa part de responsabilité et ne s’intéresse qu’au bas calcul de ce qui rapporte le plus, dans un jeu mesquin avec Israël et ajoute que certains ne vivent que sur l’enrichissement de la haine. Elle qui a travaillé au sein des organisations intergouvernementales parle sans détour d’une surprenante impunité et de la non application du droit, alors que les résolutions côté Europe, les recommandations côté ONU sont bien actées et qu’elles ne servent donc à rien puisqu’il n’y a aucune sanction. Elle dit que l’idée des deux Etats vivant côte à côte s’est éloignée, et que le temps ne joue pas en faveur de la coexistence.

A la table, une question d’Adel Hakim à l’attention de Leïla Shahid sur le mécanisme des sanctions économique, diplomatique, militaire à partir de l’exemple de Cuba et Fidel Castro ou de Poutine et l’expansion russe en Crimée, et lui demande de s’exprimer sur les BDS portés par la société civile – Boycott, Désinvestissement et Sanctions, une campagne internationale lancée par près de deux cents ONG palestiniennes sur le modèle de l’apartheid d’Afrique du Sud, appelant à exercer des pressions économiques, académiques, culturelles et politiques sur Israël. La mise en œuvre des BDS vise trois objectifs : la fin de l’occupation et de la colonisation des terres arabes, l’égalité complète pour les citoyens arabo-palestiniens d’Israël, et le respect du droit au retour des réfugiés palestiniens. La réponse de Leïla Shahid ne se fait pas attendre : « Aucun despote n’écoute les recommandations de l’ONU. Fidel a fait d’énormes dégâts et a détruit Cuba, Jérusalem est annexée depuis 1982 et il n’y a pas de sanctions. En Irak des milliers d’enfants sont morts. L’hypocrisie et la lâcheté sont générales, c’est une supercherie.» Et elle évoque la dynamique de la société civile palestinienne.

Mohamed Kacimi pose à son tour une question sur la position de l’intelligentsia en Israël qui compte des observateurs et penseurs avisés, et ne peut comprendre que leur lucidité n’ait pas de prise sur la société. Leïla Shahid parle des « vingt millions de Juifs dans le monde contre six seulement en Israël. Israël ne représente pas tous les Juifs. » Elle parle de ghetto tout autant physique que mental « C’est une tragédie philosophique » ajoute-t-elle tout en rappelant qu’Israël est la septième puissance industrielle et la quatrième puissance militaire.

Le débat se recentre ensuite sur le spectacle, Des Roses et du Jasmin, Mohamed Kacimi, dramaturge auprès d’Adel Hakim lit quelques extraits de son carnet de bord des répétition, écrit à Jérusalem Est. Il parle de l’extrême difficulté de créer. « Mercredi 11 février 2015 – Il fait un froid de canard à Jérusalem. Nous travaillons depuis une semaine dans une petite salle, encombrée de gradins bleus couverts de poussière et de manuscrits. La lumière est faible, le chauffage en panne, et le sol jonché de mégots et de gobelets écrasés. Autour de la table huit comédiens fument à tombeau ouvert. Ils lisent la dernière pièce d’Adel Hakim : Des Roses et du jasmin… »

Leïla Shahid a vu le spectacle quelques jours auparavant et rapporte : « Il arrache la Palestine à son quotidien et redonne espoir, en dépit de tous les murs et barbelés. » Pour elle, le théâtre est au cœur du politique, c’est l’oxygène d’une nation, et le discours poétique est le seul qui s’impose par lui-même. Elle traduit aussi son plaisir d’être là, inaugurant le Lanterneau, la seconde salle de la Manufacture des Œillets qui en cette après-midi laisse passer par sa belle verrière, la clarté. Elle a posé sur la table deux magnifiques bouquets blancs, des roses et du jasmin.

Brigitte Rémer, le 30 janvier 2017

Samedi 28 janvier 2017 à 16h, Théâtre des Quartiers d’Ivry/Manufacture des Œillets, 1 place Pierre Gosnat – 94200 Ivry-sur-Seine – Métro : Mairie d’Ivry – www.theatre-quartiers-ivry.com – Tél. : 01 43 90 11 11. Le Journal de Mohamed Kacimi est publié sur le site du Théâtre des Quartiers d’Ivry – Le texte d’Adel Hakim, Des Roses et du Jasmin est publié à L’Avant-Scène.

Public/privé : quelle politique culturelle pour demain ?

img024Le Monde vient d’organiser pour la troisième année consécutive son Festival : deux jours de débats sur trois sites, avec plus de soixante-dix invités. Le thème retenu, Agir, est aujourd’hui parlant : « Agir sur la politique bien sûr, mais aussi la science, l’éducation, la culture, la diplomatie, la société, la technologie, les entreprises… »

Deux anciens ministres de la culture de bords politiques différents, Aurélie Filippetti et Jean-Jacques Aillagon, étaient invités dans ce cadre pour une table ronde sur le thème Public/privé : quelle politique culturelle pour demain ? Animée par Michel Guerrin, la rencontre avait lieu au Théâtre des Bouffes du Nord et a traité principalement des atouts et dangers du modèle public-privé dans l’art et la culture et de la confrontation des enjeux économiques de la culture avec les missions de service public de l’Etat et des collectivités territoriales.

Jean-Jacques Aillagon a marqué son passage rue de Valois sous Jacques Chirac, notamment par une loi du 1er août 2003 relative au mécénat, aux associations et aux fondations qui reste la référence et qui valait pour tous les domaines d’intérêt général (recherche médicale, sport etc…) non pas seulement celui des politiques culturelles. Il a fait évoluer certains musées comme Orsay et Guimet leur donnant le statut d’établissement public, c’est-à-dire plus d’autonomie de gestion. Il a également été Président du Centre Georges Pompidou ainsi que de l’établissement public de Versailles et s’occupe de la Fondation François Pineau dont la collection sera installée en 2018 dans l’ancienne Bourse du Commerce, au centre de Paris. Après deux ans de mandat au début du Gouvernement Hollande, Aurélie Filippetti, aujourd’hui députée de Moselle, s’est abstenue de voter le budget 2015 passant dans le clan dit des frondeurs. Les deux ex-ministres défendent une philosophie de la culture et des modes d’action finalement assez voisins l’un de l’autre.

Tous deux rappellent que le privé est toujours intervenu dans la culture par le biais des mécènes et que certains domaines en relèvent exclusivement, c’est le cas de la littérature, de l’édition ou du cinéma. Ils conviennent de la nécessité d’un fort engagement de l’Etat en termes de mission de service public – sans intervention et en faisant preuve de neutralité – de son rôle dans le cadre du mécénat, à savoir veiller au respect des règles, de l’éthique des mécènes, de la déontologie et de l’objet d’intérêt général. Aurélie Filippetti comme Jean-Jacques Aillagon ont tous deux insisté sur le fait que le mécénat n’était en aucun cas une mesure de substitution par rapport aux financements de l’Etat et des collectivités territoriales pour l’art et la culture.

Filippetti a rappelé l’inaliénabilité des œuvres en France et les missions de l’Etat : égalité de l’accès aux œuvres par l’éducation artistique, la prise en compte des publics défavorisés et la recherche de nouveaux publics ; égalité entre les territoires avec péréquation nécessaire entre établissements ; soutien à la création et mise en valeur du patrimoine ; prise en compte de la nouveauté et de l’innovation. Elle a ré-affirmé la nécessité de coordonner les actions des pouvoirs publics à l’échelle des territoires et de donner des outils d’évaluation et d’expertise.

Aillagon a rappelé la permanence et la continuité de l’Etat permettant de pérenniser les actions. Il est revenu sur 2008, point de départ de la crise économique qui a conduit à demander aux établissements plus de performance en générant davantage de ressources propres. Il a évoqué la problématique des musées et les nouvelles offensives en termes de location d’œuvres, qui inversent parfois les priorités, négligeant les prêts aux régions – exemples du Musée Picasso – les missions prioritaires étant d’aller au-devant des citoyens, dans les mairies, les entreprises etc… comme le dit Filippetti.

Les deux ex-ministres allument les clignotants constatant que les mécènes interfèrent beaucoup plus aujourd’hui dans le domaine de l’art et que la ligne rouge est parfois franchie ; que le mécénat doit se diversifier et qu’il est plus difficile en région où les mêmes entreprises sont sollicitées. Une Charte avait été ébauchée pendant son mandat mais de fortes pressions ont fait qu’elle n’a pu voir le jour dit Aurélie Filippetti. Au passage, elle insiste sur le rôle des petites et moyennes entreprises et des petits contributeurs comme une nécessité citoyenne, et propose une défiscalisation dégressive. L’ex-ministre insiste pour que des espaces sacralisés soient sauvegardés, hors du circuit mercantile.

Le dialogue s’est ensuite engagé avec la salle parlant de cohésion sociale, du rôle des bénévoles, des bienfaits de notre système de politique culturelle basé sur le volontarisme, de l’intérêt d’aller chercher les jeunes pour aider à une meilleure compréhension réciproque et à l’apprentissage de l’altérité, de la nécessité de stimuler les élus locaux, certains devenant frileux car pointant du doigt les lieux de résistance intellectuelle qui, dans leur essence même, sont subversifs.

Aurélie Filippetti parle du risque d’instrumentalisation et d’un rapport demandé à Bercy sur l’impact économique de la culture. A la question posée sur l’avenir des politiques culturelles elle dit la nécessité de les mettre au cœur de la vision de notre société en accompagnant les jeunes à en faire leurs objectifs de vie ce qui contribuerait à la lutte contre les crispations identitaires ; de redéfinir la volonté publique entre Etat et collectivités territoriales d’autant après la réforme territoriale et alors que les directions régionales des affaires culturelles en sortent fragilisées. En confirmant l’usure du système, Jean-Jacques Aillagon parle de la nécessité de redéfinir les missions et le périmètre d’un ministère de la Culture plus ouvert sur les régions en repensant le territoire et la culture de façon généreuse. Il évoque l’intérêt de réunir un grand ministère, doté de moyens, autour des problématiques culture, éducation et jeunesse.

Le débat s’est fermé sur le rappel de l’exception culturelle française, outil innovant s’il en fut et des dangers du traité transatlantique TAFTA – dont les négociations semblent suspendues – qui, s’il devait se mettre en place, menacerait sérieusement notre capacité d’innover.

Brigitte Rémer, 22 septembre 2016

Festival Agir-Le Monde, 16 au 19 septembre 2016 – Théâtre des Bouffes du Nord. 37 bis Bd de La Chapelle. 75010 – www.bouffesdunord.com

Condition et responsabilité sociale du chercheur

unesco_logo_550x355Un colloque organisé par la Commission nationale française pour l’UNESCO en partenariat avec le Conservatoire National des Arts et Métiers s’est tenu le 8 septembre 2016 au CNAM.

Les représentants de la communauté scientifique française et internationale, les délégations permanentes auprès de l’UNESCO et les représentants de la société civile étaient invités à débattre autour des propositions relatives à la révision de la Recommandation de 1974 de l’Unesco concernant la condition des chercheurs scientifiques, élaborées par la Commission française pour l’UNESCO. Son Président, Daniel Janicot, le Secrétaire général de l’Association internationale Droit, Ethique et Science, Christian Byk, la Directrice de la Recherche au CNAM, Clotilde Ferroud et la Directrice de la Division de l’Ethique, de la Jeunesse et des Sports à l’UNESCO, Angela Melo, ont ouvert la journée. S.E. Laurent Stefanini, Ambassadeur et Délégué permanent de la France auprès de l’UNESCO l’a clôturée, évoquant le projet de création d’un observatoire mondial qui permettrait d’assurer le suivi de la Recommandation.

 Quatre sessions furent proposées au cours de tables rondes qui ont introduit aux débats : La science globale, un défi pour les chercheurs – La responsabilité sociale du chercheur scientifique – La condition du chercheur – Egalité et accès à la reconnaissance.

La rencontre concernait les chercheurs du domaine privé (les plus nombreux) autant que ceux du public – près de huit millions de chercheurs dans le monde d’après le dernier rapport UNESCO, paru en 2015 –. Elle a mis en exergue l’intégrité et l’éthique du chercheur, la nécessité du travail en équipe, l’intérêt de donner la parole à la société civile et de mettre à sa disposition les avancées des chercheurs. Elle a parlé du rapport à la connaissance, de propriété intellectuelle et de bien public, de publication et de monopole.

Elle a évoqué les conditions de travail du chercheur et d’un juste salaire souhaité, de l’inégalité du traitement entre hommes et femmes, des disparités entre les régions, de la liberté de recherche en vis à vis à la problématique de subordination hiérarchique, du temps qu’il faut à la recherche, de la nécessité d’accompagner les jeunes chercheurs à partir de la fin de leur thèse, de la fuite des cerveaux.

Elle a posé la question de devoir prêter serment devant ses pairs, comme le médecin s’engage dans ses fonctions en prononçant le Serment d’Hippocrate. Ce point a prêté à de vigoureux échanges. Evoquant la crise de confiance à laquelle la recherche fait face de manière récurrente, la responsabilisation des Etats et des décideurs est reconnue comme essentielle afin de dégager les moyens nécessaires. La création d’un fonds mondial pour la recherche, dans cet objectif, a été grandement évoquée.

La Recommandation de 1974 est aujourd’hui dépassée et incomplète, le chercheur idéal et idéalisé tel qu’elle le décrivait, n’existant pas. D’où l’intérêt de ce colloque visant à réviser le texte, une excellente initiative pour préparer l’étape suivante.

Brigitte Rémer, 14 septembre 2016

Twitter : CNFUnesco// Facebook : CommissionNationaleFrancaiseUnesco www.unesco.fr – Soundcloud : CNFU // Youtube : Commission Nationale Francaise pour l’UNESCO – Ministère des Affaires Étrangères et du Développement International, 57 Boulevard des Invalides – 75007 Paris – Tél : 01 53 69 39 55.

 

Lettre de France

© D.R.

© D.R.

Hommage à Willems Edouard, expert dans le domaine de la propriété intellectuelle, en Haïti.

« Ils ont assassiné Willems c’est tout ce que je peux dire avec certitude » écrit un de ses collègue et ami, depuis Port-au-Prince. Vendredi matin, 8 juillet 2016, « alors qu’il s’apprêtait à entrer dans son bureau, Willems a reçu deux balles, dont l’une dans la tête. Les assassins ne l’ont pas raté. »

Né le 23 avril 1965 à Pétion-Ville (Haïti) Willems vient à Paris pendant une année, en 1997/98 dans le cadre de la Formation Internationale Culture, programme du ministère français de la Culture et obtient un DESS en management culturel de l’Université Paris3 Sorbonne Nouvelle. Il fait un stage à la Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques et écrit un mémoire sur le sujet : La gestion collective au regard de développement technologique. Le cas de la SACD.

Avec ses collègues venant d’Angola et du Brésil, du Cameroun, de Chine et de Chypre, de Corée du Sud, de Hongrie et de Jordanie, du Mali, de Roumanie, de Russie et du Sénégal, d’Ukraine et du Venezuela, il échange sur La formation des conseillers culturels des communes, tremplin pour impulser l’action culturelle en Haïti. Avec sa promotion, il fait un voyage d’étude dans la Région Centre de la France pour y observer la vie culturelle à différents niveaux : local, départemental, régional et national. Il y rencontre les décideurs, les responsables d’institutions, les artistes et porteurs de projets et réfléchit à la problématique des friches industrielles réinterprétées en lieux culturels, guidé par un conservateur en chef des monuments historiques, passionné et passionnant -. Il part avec la promotion à Montréal, Québec et Ottawa visiter les lieux culturels, rencontrer les créateurs et les projets, comprendre les modalités de financement de l’art et de la culture dans différents domaines – le livre et l’édition, le cinéma et les nouveaux médias, les musées, etc. – Il est, avec tous, à Avignon, pour le Festival, moments de plaisir partagés. Gentillesse et discrétion, un projet bien ancré dans sa réalité, en Haïti, Willems trace sa route.

De retour à Port-au-Prince, il poursuit des études juridiques à la Faculté de Droit et des Sciences Economiques, et obtient son doctorat en Droit, en 2006. Devenu spécialiste de la propriété intellectuelle par son travail, Willems dirige le Bureau Haïtien du Droit d’Auteur de 2000 à 2004, puis les Presses Nationales d’Haïti qu’il restructure et modernise, de 2004 à 2011. Pendant ces sept années il contribue fortement au développement de la poésie et de la littérature en créole et en français, s’intéresse à la traduction et à la diffusion dans le pays et à l’étranger dont en France. Il lance plusieurs collections et crée un site internet, numérise certaines archives nationales dont les Journaux Officiels à partir de 1804. Il sait éveiller la créativité en écritures, organise des concours et crée des clubs de lecture notamment dans les écoles qui n’ont pas de bibliothèque. Le journal Le Nouvelliste lui décerne le Prix du Gardien du Livre, en 2012.

Devenu conseiller auprès du Conseil National des Télécommunications – Conatel – Willems Edouard ouvre en 2015 son cabinet, en tant qu’avocat et consultant. Comme professeur au Département Juridique de la Faculté de Droit et des Sciences économiques, il publie régulièrement des articles dans les magazines spécialisés et les journaux, notamment dans le quotidien Le National. Il est aussi auteur, deux de ses recueils de poésies ont été publiés : Rêve obèse, à Port-au-Prince en 1996 et Plaies intérimaires, à Montréal en 2004.

De Paris à Port-au-Prince le monde culturel pleure le départ de Willems, la violence de ce départ, l’absurdité et l’injustice, son absence. Organisations et professionnels de l’art et de la culture – entre autre la Fondation Culture Création d’Haïti qu’il côtoie – se mobilisent. « C’est avec la rage au cœur que je t’annonce la mort brutale de Willems Edouard, un ancien de la Formation Internationale Culture*  tué par balle le 8 juillet 2016 à Pétion-Ville… » écrit la Fondation. Il y avait déjà eu pour nous, en 2001, l’assassinat sauvage de Giovanni Barandica López, colombien de Cali, personnalité calme et discrète, comme Willems, tous deux investis dans leur engagement culturel.

Si l’on pose que la culture est un risque, et plus, un danger « il faut montrer au monde que l’esprit n’a jamais été soumis », dit l’auteur haïtien Dany Laferrière. Dans un climat politique tendu en Haïti sur fond de campagne électorale où la montée de l’insécurité et de l’arbitraire semble se confirmer, on a rayé d’un trait de plume ce généreux et brillant avocat qui a consacré sa vie professionnelle à la défense des artistes et à la justice de son pays. Et reprenant le titre d’un ouvrage de René Depestre, Non-assistance à poètes en danger, rendons hommage au travail de Willems.

Brigitte Rémer, 18 juillet 2016

* L’auteur de l’article a été directrice de la Formation Internationale Culture, de 1991 à 2003.

AG du Réseau français, Fondation Ana Lindh

alf_logo_2012L’assemblée générale du Réseau français de la Fondation Ana Lindh (FAL) – composé de structures de la société civile – animé par l’association Forum Femmes Méditerranée s’est tenue mercredi 14 octobre à Paris en la présence du Directeur Exécutif de la Fondation, S.E. Hatem Attalah, – nommé le 1er mars 2015 – venu présenter la nouvelle stratégie de la Fondation. Madame Elisabeth Guigou, Présidente de la FAL, y a fait une intervention.

Les objectifs définis par le Directeur Général, pour que la FAL devienne la référence du dialogue interculturel dans la région sont d’une part de conforter ce rôle interculturel de la Fondation, d’autre part de contribuer à sa pérennisation en lui donnant plus de visibilité. Les quatre piliers de sa stratégie passent par un travail de communication, un travail sur le terrain avec la recherche de partenaires, la qualité des projets posés pour asseoir sa crédibilité et un travail à long terme à mener avec le Conseil des Gouverneurs. D’où l’importance que les quarante-deux réseaux nationaux dans les différents pays transmettent à la Fondation un retour d’informations. La synthèse des actions se résume en quatre mots, les quatre D : Démocratie, Développement, Dialogue et Diversité.

La Présidente de la FAL a insisté de son côté sur la nécessité de rendre visible les enjeux spécifiques aux pays riverains de la Méditerranée et table sur des propositions pour l’action, notamment dans les domaines de l’eau, de l’énergie, de la femme etc. En relation avec la conférence sur le climat, la COP 21 qui se tiendra à Paris au mois de décembre, elle précise que la question du climat est bien une question de guerre et de paix dans la région en termes d’enjeux économiques, culturels, sociaux, éducatifs et de vie.

Elle explique la démarche de la Fondation qui sera reçue le 15 octobre soit le lendemain de l’AG à l’Assemblée Nationale, sur le thème : Le dialogue interculturel face aux défis environnementaux, et plus particulièrement sur La coopération pour une Méditerranée durable. Elisabeth Guigou confirme par ailleurs qu’il serait souhaitable lors de cette rencontre de centrer la discussion sur un ou deux points précis, pour ne pas se perdre, ni en diluer la portée. Elle suggère d’ores et déjà la prise en compte de l’organisation de la COP 22 qui se tiendra au Maroc en 2016.

Plusieurs projets ont été présentés au cours de l’AG par différents membres du réseau dont Les Labos de Babel, association de Bretagne, qui prépare un Manuel d’éducation à la citoyenneté ; le Centre de découverte du monde marin de Nice qui œuvre sur la protection des océans ; Umarinu de Bastia dont les actions portent sur le développement durable ; l’Institut catholique de la Méditerranée de Marseille qui travaille sur la question des frontières et Forum Femmes Méditerranée qui met en exergue la place des femmes dans la région.

Au cours de cette AG on a aussi parlé de formation et du fonctionnement interne du Réseau français, de la lettre d’informations hebdomadaire publiée par le chef de file Forum Femmes Méditerranée qui d’autre part transmet les appels à projets émanant de la FAL, monte les AG et fait un important travail d’interface avec les associations du réseau ainsi qu’avec le siège de la Fondation, établi à Alexandrie.

Brigitte Rémer

Forum Femmes Méditerranée – Déléguée Générale, Chef de file du Réseau Français Anna Lindh, Esther Fouchier – 51 rue des Dominicaines 13001 Marseille – Tél: 04 91 91 14 89 – site : www.femmes-med.org

 

 

 

 

 

Séminaire à Göreme (Nevşehir) – Turquie

©Erica Letailleur

©Erica Letailleur

Les Journées internationales de rencontre et de réflexion – organisées dans le cadre du Programme CSD 3 financé par l’Union Européenne et la République de Turquie, – conçues et mises en oeuvre par le CRT Saint-Blaise à Paris et Görsem Ortahisar-Turquie sous l’intitulé Contemplation Project se sont tenues du 21 au 23 août 2015, sur le thème : L’humain face à lui-même dans les arts vivants – Temps, espace, récit.

Des ateliers sur les pratiques théâtrales et l’échange des savoir-faire ont rassemblé artistes, chercheurs et étudiants venant principalement de Turquie et de France.

Jean-Jacques Lemêtre, musicien et musicologue, compositeur issu du Théâtre du Soleil et formé au plateau, a animé des workshops portant sur le rapport au corps ; le rythme de la langue et sa métrique ; les différentes formes et styles de théâtre  ; la recherche de l’intériorité et l’écoute de la montée des visions ; l’invention d’un vocabulaire ample marqué par des arrêts, des charnières ; le travail sur la désynchronisation du corps ; la libération de la voix ; la construction de la verticalité et la conscience de l’axe du corps ; l’imaginaire comme base fondamentale de l’acteur.

Tapa Sudana, ancien acteur chez Peter Brook ayant joué notamment dans Le Mahabharata, a proposé un workshop, au lever du soleil, traitant du rapport au cosmos et de la quête de soi, à partir de la prise de conscience de l’autre et de l’espace ; de la montée de l’énergie – le yin et le yang – et de la maîtrise du corps dans l’espace ; de la perception des mouvements d’accélération et de décélération.

Une table ronde a réuni des artistes et professeurs d’universités, turcs et français, sur le thème : L’humain face à lui-même dans les arts vivants. Ainsi la Turquie était représentée par le Dr Türel Ezici, professeure à l’Université d’Ankara et au Conservatoire de théâtre, qui a parlé de la façon dont théorie et pratique se rejoignent, d’archétypes et de théâtralité, de local et d’universel ; Zeynep Gunsur Yuceil, professeure au Département Théâtre de l’Université d’Istanbul et venant de la danse a mis l’accent sur la confrontation entre le traditionnel et la recherche de nouvelles écritures scéniques ; Ayla Kapan Ezici, professeure de jeu théâtral dans plusieurs universités a évoqué les situations contradictoires du domaine théâtral, la nécessité d’être soi-même et la transmission ; Ali Ihsan Kaleci a mis en exergue la nécessité de l’écriture dans son parcours personnel comme première rencontre avec le théâtre, ainsi que la question du public. Au cours de ces Journées il signait aussi la création de la pièce Fils d’aveugle présentée aux participants du séminaire – voir notre rubrique Arts de la scène -.

D’autres intervenants ont participé à ces échanges, entre autre Sule Ates, dramaturge et Zerrin Yanikkaya, professeur à l’Université d’Istanbul, et d’autres encore, enrichissant la discussion. Pour la partie française, Jean-Jacques Lemêtre a prolongé ses workshops par une réflexion autour du réel, du réalisme et de la réalité, de l’interdisciplinarité, et a relaté l’expérience du Théâtre du Soleil sur l’alternance entre répertoire et création, entre théâtre d’auteur et création collective ; il a fait référence aux formes de théâtre qui traversent le temps comme le théâtre grec et les pièces de Shakespeare qu’Ariane Mnouchkine avait présentées. En tant que marionnettiste, Pierre Blaise a parlé de l’en-dehors, de l’immobilité, du rapport à l’espace et de l’acteur invisible. A travers la parole des sociologues, Brigitte Rémer a évoqué les spécificités de l’action de création, les problématiques de la diversité et de l’altérité, le rapport entre création et vie sociale, le théâtre comme lieu de résistance.

Organisé de mains de maîtres par le CRT Saint-Blaise – Erica Letailleur et Ali Ihsan Kaleci – dans cet endroit privilégié de Cappadoce, Contemplation Project a permis la confrontation des méthodes et une réflexion sur les problématiques liées à la création théâtrale. Ces Journées furent dédiées à Mustafa Kürsat décédé en 2014, qui soutenait le groupe d’artistes. Une soirée d’hommage lui a été rendue.

Brigitte Rémer

CRT Saint-Blaise, 7 square des Cardeurs, 75020 Paris, France – Tél./Fax : 09 51 34 34 97 – e-mail : crtblaise@yahoo.fr – http://contemplationsproject. com – En partenariat avec le Centre International de Réflexion et de Recherche sur les Arts du Spectacle (CIRRAS)

Les politiques culturelles doivent-elles être multiculturelles?

6 bis - Visuel-cycle-Pol.du-multiculturalisme-fev-avril-2015_illustration-16-9Conférence proposée par la Commission nationale française pour l’Unesco, en partenariat avec l’Association pour les activités autour de l’Histoire à Sciences Po/APAHS, dans le cadre du programme Politiques du multiculturalismele débat français, le 15 avril 2015, à 19h00.

Elle réunira Angéline Escafré-Dublet, maître de conférences à l’Université de Lyon Lumière 2, Laurent Martin, professeur à Paris 3 et David Fajolles, secrétaire général de la Commission nationale française pour l’Unesco.

Quand le ministère de la culture se crée, en 1959, le mot d’ordre est la démocratisation de la culture : les grandes œuvres artistiques dont la France a hérité ou dont elle encourage la création doivent être accessibles à tous. Dans sa démarche volontaire, Malraux, premier ministre de la Culture, a contribué à dessiner les contours d’une certaine forme de culture officielle et à affirmer sa prééminence symbolique sur les autres modes de rapport à la culture.

A l’échelle internationale, à l’Unesco en particulier, l’universalisme hérité de l’après-guerre faisait place à une approche différentialiste dans les années 1970. L’heure était au respect et à la valorisation des cultures particulières, dont la fin des empires et l’émergence de nations indépendantes avaient rendu manifeste la diversité. De manière concomitante, ailleurs qu’en France, les spécificités culturelles locales ou ethniques devenant un véritable casus belli, les politiques culturelles ont été investies d’une mission de pacification : programmes d’enseignement de langues locales, soutien aux manifestations dites traditionnelles et autres démarches de ce type apparurent essentielles. L’émergence de la notion de patrimoine immatériel de l’humanité a renforcé ces dynamiques, dans les années 1990.

Les autorités françaises ont elles-mêmes pris acte de la diversité culturelle de la France et de l’effervescence artistique qui en résultait. Cette reconnaissance s’imposa à la faveur des évolutions à l’échelle internationale, de la pression du monde associatif et des positions du ministre de la culture de l’époque, Jack Lang. Depuis lors, une tension demeure quant à leur traitement. Après la démocratisation de la culture, la démocratie culturelle – c’est-à-dire la reconnaissance de l’égale valeur de toutes les expressions culturelles – était à l’ordre du jour, mais, d’une part, elle s’est toujours davantage attachée à la diversité des contenus, des pratiques, des formes de la culture qu’à celle de ses publics ou de ses acteurs et, d’autre part, l’idéal universaliste continuait d’exercer son influence. C’est là un trait qui caractérise notre pays par rapport à bien d’autres. Il soulève la question de la direction à prendre en matière de politiques culturelles, d’autant plus à une époque où la démocratie culturelle est fragilisée par un appel croissant à la protection d’une identité française.

Lieu de la Conférence : Commission nationale française pour l’Unesco – 57, boulevard des Invalides – Paris 7ème – Métro : Duroc – Inscription obligatoire : APAHS.fr

 

Politiques culturelles de la France des années soixante à nos jours

ImprimerRencontre-débat, le 13 avril 2015 à 19h, dans le cadre des Lundis de l’INA, organisé par le Comité d’Histoire du ministère de la Culture et de la Communication et l’INAthèque.

En présence de Maryvonne de Saint Pulgent, présidente du Comité d’Histoire et d’Agnès Saal, PDG de l’Ina. Y participeront : Bernard Faivre d’Arcier, ancien directeur du théâtre et des spectacles, ancien directeur du Festival d’Avignon, Guillaume Bourjeois, secrétaire général du Comité d’Histoire, Laurent Martin, professeur à l’Université Paris 3 et Jean-Claude Pompougnac, correspondant du Comité d’Histoire.

 L’histoire de la politique culturelle française depuis la fondation du ministère des Affaires culturelles par André Malraux en 1959 est faite d’images et de symboles, elle souvent personnifiée à travers la figure de ses ministres. Référence devenue mondiale, l’ambition première et avant-gardiste a-t-elle su relever son propre défi ? À partir de quatre séquences d’images d’archives issues des collections de l’Ina, spécialistes et témoins retraceront cette histoire en donnant à voir que le questionnement initial est resté bien souvent d’une grande actualité.

Lieu de la rencontre : Bibliothèque nationale de France, site Tolbiac – Petit Auditorium – Quai François Mauriac, 75013 Paris – Réservation obligatoire : inatheque@ina.fr

 

 

 

 

Les droits culturels

Maison des Sciences de l’Homme d’Aquitaine – Les droits culturels une remise en question des politiques publiques de la culture ? Journées d’étude, les 9 et 10 avril, à Bordeaux

« Les droits culturels désignent les droits, libertés et responsabilités pour une personne, seule ou en commun, avec et pour autrui, de choisir et d’exprimer son identité ; cela implique les capacités d’accéder aux références culturelles, comme à autant de ressources qui sont nécessaires à son processus d’identification». Patrice Meyer-Bisch – 2008

A l’heure où la culture tend à disparaître des priorités des collectivités, où montent les communautarismes, les replis identitaires et les extrémismes, et où certains pointent l’échec de la démocratisation culturelle, la notion de droits culturels peut-elle permettre une redéfinition des politiques publiques dans le domaine de la culture?

La réflexion récente autour des droits culturels propose une nouvelle définition de la culture, en dépassant la rupture entre culture savante et culture populaire et en l’envisageant plutôt comme un continuum englobant une diversité de références et de ressources qui sont autant d’expressions de notre humanité. L’approche par les droits culturels replace les personnes au centre des politiques culturelles qui ne doivent plus s’envisager dans une logique descendante d’accès à la culture mais comme la reconnaissance de toutes les références culturelles. Il s’agit de réaffirmer des principes de liberté et de dignité humaines dans les politiques publiques au service de l’émancipation sociale des personnes et de la réinvention d’un agir en commun.

Des responsables culturels, des élus, des créateurs, des philosophes, conscients des limites de leurs actions tentent aujourd’hui d’autres expériences. Ils en débattront au cours des journées d’études ouvertes à tous ceux qui se sentent concernés par la question, acteurs culturels, artistes, responsables politiques, étudiants, enseignants, éducateurs, chercheurs, bénévoles, militants…

Ces journées se tiendront à la Maison des Sciences de l’Homme Aquitaine – Campus Université Bordeaux Montaigne, Pessac – les 9 et 10 avril 2015. Inscription préalable en ligne sur le site : msha.fr – Contact : droits-culturels@msha.fr

 

 

 

 

Projets innovants en faveur de la jeunesse

Le ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports et le commissaire général à l’Investissement, lance un appel à projets : Projets innovants en faveur de la jeunesse.

Différents territoires se dotent aujourd’hui de politique jeunesse mais la mise en œuvre de politiques jeunesse globales et transversales reste complexe à réaliser. Le programme national Projets innovants en faveur de la jeunesse est destiné à faire levier, et a vocation à accompagner la réalisation de projets à forte valeur ajoutée collective et économique pour les jeunes de 13 à 30 ans.

Décloisonner les actions publiques sectorielles est une nécessité pour un accompagnement plus efficace, plus efficient de tous les jeunes dans leur parcours d’autonomie, leur insertion sociale et professionnelle. L’objectif vise à lutter efficacement contre les inégalités sociales et territoriales et à amorcer de nouveaux projets par des partenariats innovants à grande échelle, entre acteurs publics et privés.

Les projets financés à travers cet appel à projets s’inscriront au sein d’un territoire identifié, favoriseront l’émergence et la structuration de politiques de jeunesse intégrées, et aborderont de façon globale et cohérente les problématiques d’éducation, de culture, de sport, de santé, de citoyenneté, de mobilité, d’engagement, de formation et d’accès des jeunes à l’emploi.

L’opérateur responsable de sa mise en œuvre est l’Agence nationale pour la Rénovation urbaine – ANRU -. Trois sessions de sélection sont prévues, les dates limites de dépôt des dossiers étant les 15 mai et 15 septembre 2015, le 15 janvier 2016.

Le cahier des charges est téléchargeable sur le site : www.anru.fr. Le dossier est à adresser par télécopie à : jeunesse@anru.fr.

 

« La participation », avenir des musées de société ?

La 12ème édition des Rencontres Professionnelles de la Fédération des Ecomusées et des Musées de Société – EFMS – se tiendra du 8 au 10 avril, à Marseille, sur le thème La participation, avenir des musées de société ?

1 bis - éco-muséesOuvertes à l’ensemble des professionnels de la culture, aux bénévoles, élus, chercheurs et étudiants, ces journées se veulent un moment privilégié d’échange et de débat.

Ces journées aborderont le thème en proposant une synthèse historique sur l’apparition et le développement des actions dans les musées. Au travers d’exemples issus des musées membres du réseau et de musées de l’étranger travaillant y compris hors du champ disciplinaire, le débat portera sur la participation, telle qu’elle se pratique aujourd’hui.

La question clé tournera autour de la problématique suivante : La participation peut-elle constituer une méthodologie d’action pertinente et originale, et une voie d’avenir pour les musées de société ? Où en est-on, sachant que l’ensemble des musées s’est emparé des principes de l’éco-muséologie, à l’exclusion de la participation ?

Les rencontres auront lieu au Mucem les 8 et 9 avril 2015 et au Musée d’histoire de Marseille, le10 avril. Programme et fiche d’inscription à télécharger : www.fems.asso.fr

Contact : Fédération des écomusées et des musées de société, 2, avenue Arthur Gaulard 25000 Besançon. Tél. : 03 88 55 63 27 – contact@fems.asso.fr